4 octobre 1951 : Henrietta Lacks meurt à 31 ans, ses cellules font avancer la médecine mondiale

Story Africa·4 octobre 2026·2 min de lecture
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4 octobre 1951 : Henrietta Lacks meurt à 31 ans, ses cellules font avancer la médecine mondiale
Photo : National Institutes of Health (NIH) · Public domain, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Le 4 octobre 1951, Henrietta Lacks meurt à l'hôpital Johns Hopkins de Baltimore, à 31 ans, d'un cancer du col de l'utérus. Cette Afro-Américaine née en 1920 en Virginie, mère de cinq enfants, ignorait que des cellules de sa tumeur venaient d'entrer dans un laboratoire. Soixante-quinze ans plus tard, elles font encore tourner la recherche médicale mondiale.

Une biopsie sans consentement

Pendant son traitement au radium, un médecin prélève sans l'en informer deux échantillons, l'un sain, l'autre cancéreux, et les confie au biologiste George Otto Gey. Johns Hopkins reconnaît aujourd'hui sur son site qu'aucun consentement éclairé n'a été recueilli, et qu'il aurait dû mieux informer la famille Lacks.

Baptisées HeLa d'après les premières lettres de son nom, ces cellules doublent toutes les vingt à vingt-quatre heures et se divisent sans fin, là où les prélèvements précédents mouraient en quelques jours : c'est la première lignée de cellules humaines immortelle.

Des vaccins, 11 000 brevets, et rien pour les siens

Dès 1954, Jonas Salk s'en sert pour mettre au point le vaccin contre la poliomyélite. Suivront les vaccins contre le papillomavirus (HPV) et l'hépatite B, des traitements contre le VIH et des cancers, puis la recherche sur le Covid-19. Selon l'OMS, plus de 75 000 études s'appuient sur ces cellules.

La famille, elle, reste longtemps dans l'ignorance : des proches sont contactés pour des prélèvements sanguins en 1973, et le grand public ne découvre l'histoire qu'en 2010, avec le livre de Rebecca Skloot. En 2021, sa petite-fille Kimberly Lacks dénonçait un « traitement raciste et non éthique » (France 24).

Ce que cette histoire dit à l'Afrique

Le paradoxe est brutal : les cellules d'une femme noire ont permis le vaccin contre le HPV, mais son accès reste très inégal. En 2020, moins de 30 % des pays à revenu intermédiaire bas l'avaient intégré à leurs programmes nationaux, contre plus de 85 % des pays riches, rappelle l'OMS. Or dix-neuf des vingt pays où le cancer du col de l'utérus frappe le plus durement sont africains.

Le 13 octobre 2021 à Genève, l'OMS a remis une distinction posthume à Henrietta Lacks, reçue par son fils Lawrence, 87 ans. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, y a vu une façon de regarder en face les injustices scientifiques du passé.

Une réparation arrachée devant les tribunaux

Le 31 juillet 2023, la famille a conclu un accord confidentiel avec Thermo Fisher Scientific. Le 24 février 2026, Novartis a réglé une plainte déposée en août 2024 à Baltimore, sans montant rendu public, selon Fierce Pharma. Deux procédures restent ouvertes, contre Viatris et Ultragenyx.

À retenir

Henrietta Lacks n'a jamais su que son corps servirait à sauver des millions de vies : il a été utilisé sans son accord et son nom effacé pendant des décennies. Honorer sa mémoire, c'est exiger que les Africains et les Afro-descendants accèdent aux traitements que ses cellules ont bâtis.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.