Abyei : 153 morts dans une frappe de drone sur un marché, Juba convoque l'ambassadeur du Soudan

Story Africa·21 octobre 2026·2 min de lecture
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Au moins 153 personnes ont été tuées par une frappe de drone sur un marché situé au nord de la ville d'Abyei, territoire disputé entre le Soudan et le Soudan du Sud, le 19 octobre 2026 vers la mi-journée. Le bilan, d'abord établi à 73 morts, a été relevé le 20 octobre par Yohana Akol Ngor, ministre de l'Information par intérim d'Abyei, qui le dit encore susceptible de s'alourdir.

Des corps ont été réduits en cendres : « le feu brûle encore », a déclaré M. Ngor à Reuters. Environ 8 000 personnes ont été déplacées, selon lui. Médecins sans frontières soigne plus d'une vingtaine de blessés, dont des brûlés, à l'hôpital Ameth Bek, a indiqué Christian Lindauer, responsable des activités médicales de l'organisation sur place.

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Un dépôt de carburant au cœur du marché

Trois sources diplomatiques, un humanitaire et un spécialiste du conflit interrogés par Reuters affirment que la frappe a touché un dépôt de carburant du marché, où les Forces de soutien rapide (FSR) s'approvisionnaient selon ces diplomates. M. Ngor accuse l'armée soudanaise, sans produire de preuve ; ni l'armée ni les FSR n'ont répondu à l'agence. Khartoum assure que les FSR sont présentes à Abyei, ce que le ministre dément ; Reuters n'a pu vérifier aucune des deux versions. Un témoin anonyme dit n'avoir vu aucun combattant en uniforme sur le marché.

Quinze ans sans statut

Abyei, riche en pétrole, est administré conjointement par Khartoum et Juba depuis l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, et réclamé par les deux capitales. En mai, la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA) avait averti que le retard pris pour trancher le statut final du territoire exposait civils et casques bleus. C'est cette décision jamais prise que les habitants du marché ont payée.

Le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur du Soudan pour protester, tout en répétant que Juba ne prend pas parti dans la guerre. À New York, le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric a condamné ces attaques : « Nous restons alarmés par les attaques incessantes de drones ».

Une guerre qui déborde ses fronts

Les attaques de drones de ces derniers jours ont fait plus de 250 morts, selon le décompte de Reuters : 84 tués le 18 octobre 2026 au Kordofan-Ouest d'après une salle d'intervention d'urgence locale, 23 sur un marché de Nyala. Le Tchad accuse par ailleurs l'armée soudanaise de frappes sur son territoire.

Ouverte en avril 2023 entre l'armée soudanaise et les FSR, la guerre se joue désormais largement par drones, loin des lignes de front. À Abyei, où aucun des deux belligérants ne reconnaît combattre, le statut du territoire attend toujours.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.