Armée russe : l'ONU parle de « traite d'êtres humains », et le recrutement s'étend en Afrique

La Commission d'enquête internationale indépendante sur l'Ukraine a remis le 26 octobre 2026 à l'Assemblée générale des Nations unies un rapport qui qualifie de traite d'êtres humains l'enrôlement d'étrangers dans les forces armées russes. Des personnes originaires de 29 pays ont été recrutées par la tromperie ou la contrainte, conclut la commission, qui s'appuie sur 245 témoignages, selon RFI et le média ukrainien Hromadske.
Le mode opératoire est toujours le même. De fausses offres d'emploi de chauffeur, de mécanicien ou d'agent de sécurité, diffusées sur les réseaux sociaux, promettent un bon salaire, un logement et parfois la nationalité russe. Sur place, les hommes signent un contrat militaire rédigé en russe, langue que beaucoup ne comprennent pas ; passeports et téléphones sont souvent confisqués, et ceux qui refusent de signer sont menacés.
Le plus lu du momentAFRIFF : 135 films à Lagos du 1er au 7 novembre 2026, et 85 % portés par des femmes →Vingt minutes d'entraînement, puis la première ligne
La commission décrit un entraînement allant de vingt minutes à quelques jours avant l'envoi au front, des affectations à des missions d'assaut, des coups et des menaces de mort venus de commandants russes, et l'usage de drones pour empêcher les retraites. Sur un groupe de trente recrues à qui avait été remise une garantie écrite de ne pas être envoyées en Ukraine, dix-sept sont mortes au combat, cinq sont portées disparues et une est revenue blessée.
Le Burundi, le Zimbabwe, le Botswana
La campagne s'intensifie sur le continent. Selon des conclusions du renseignement ukrainien consultées par Bloomberg et citées par Hromadske, 45 959 étrangers originaires de 151 pays ont signé un contrat avec l'armée russe, dont 5 451 venus de pays africains. Toujours selon cette source, le Burundi serait passé de 30 recrues pour toute l'année 2025 à 699 hommes entre janvier et septembre 2026, et le Zimbabwe de 65 à 530 sur la même période. Des hausses sont relevées en République démocratique du Congo, au Soudan, au Cameroun et en Sierra Leone, et le recrutement aurait repris à Madagascar pour la première fois depuis le début de l'invasion à grande échelle.
Plusieurs États réagissent. Le ministre botswanais des Affaires étrangères a déclaré le 26 octobre 2026 que quinze de ses ressortissants recrutés étaient portés disparus. Au Kenya, des responsables politiques affirment qu'au moins un millier de Kényans ont été enrôlés, et Nairobi comme Pretoria cherchent à empêcher leurs citoyens de partir. Au Zimbabwe, deux Russes soupçonnés de recrutement ont été arrêtés.
La commission souligne un point juridique décisif : victimes de traite, ces hommes ne sont pas des mercenaires et ont droit à la protection accordée aux prisonniers de guerre s'ils sont capturés. Elle demande à la Russie de mettre fin au recrutement trompeur, de libérer les victimes et de poursuivre les responsables, et n'a trouvé aucune trace d'enrôlement forcé du côté ukrainien. Moscou nie tout recrutement illégal ; le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n'a pas répondu aux sollicitations de Bloomberg. La commission n'est pas reconnue par la Russie, qui ne lui a accordé aucune coopération.
À lire aussi
Diaspora« Le retour en Afrique » : Thabo Mbeki et Ellen Johnson Sirleaf attendus à une conférence sur les réparations
DiasporaDurban : un homme étranger battu à mort par une cinquantaine de personnes en marge d'une marche
BusinessUEMOA : la BCEAO fait payer les gros transferts sur PI-SPI dès le 2 novembre 2026, Wave rejoint le réseau
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


