Égypte : Lina Attalah convoquée une sixième fois, le jour où Sissi dit accepter « toute critique »

Lina Attalah, rédactrice en chef du site égyptien Mada Masr, a été convoquée le 21 octobre 2026 devant le Parquet suprême de la sûreté de l'État, au Caire, dans une nouvelle affaire pénale. L'information a été rendue publique par Amnesty International, dans une déclaration signée de Yasmine Ahmed, directrice principale pour l'impact régional de l'organisation.
Pour Amnesty, il s'agit de la sixième procédure ouverte en six ans contre Mada Masr et ses journalistes, et d'un cas de harcèlement judiciaire visant l'un des derniers médias indépendants du pays. L'organisation juge « indigne », selon ses termes, que les autorités s'en prennent une fois de plus à la journaliste, et réclame l'arrêt immédiat des poursuites contre elle et son équipe.
Le plus lu du momentLe koshari, plat national de l'Égypte : une histoire à plusieurs mains, et sa recette →La convocation du 21 octobre s'ajoute à cinq enquêtes pénales toujours ouvertes contre Attalah et des membres de la rédaction. La plus récente remonte au 4 août 2025 : la journaliste avait alors été entendue à propos d'un article publié le 31 juillet 2025 sur les conditions de détention à la prison de Badr 3, puis libérée sous caution. Les chefs d'accusation retenus, selon Amnesty, étaient la « diffusion de fausses nouvelles » et l'exploitation d'un site sans licence. Mada Masr sollicite cette licence depuis 2018 sans l'obtenir, et son site figure parmi les centaines de pages bloquées en Égypte.
Un mois de pressions sur la presse égyptienne
La convocation intervient au terme de plusieurs semaines tendues. Six journalistes du site de vérification des faits Matsadaash ont été arrêtés et placés en détention provisoire, selon Amnesty. Un sit-in de solidarité avait démarré le 3 octobre 2026 au Syndicat des journalistes ; le 5 octobre, la journaliste Rasha Azab, qui y participait, était interrogée pour un message critiquant le ministère de l'Intérieur, poursuivie pour des infractions liées au terrorisme et libérée contre 10 000 livres égyptiennes de caution. Le 19 octobre, les journalistes ont annoncé la suspension du mouvement. Selon le Comité pour la protection des journalistes, au moins 18 journalistes sont actuellement emprisonnés en Égypte.
Deux discours le même jour
Le 21 octobre, au Egypt Forum 2026, le président Abdelfattah al-Sissi a déclaré que son gouvernement « écoute, discute et accepte toute critique ». La convocation de Lina Attalah a eu lieu le même jour.
Défendre les droits des peuples africains, c'est aussi défendre le droit des citoyens à savoir ce que font leurs gouvernants. Mada Masr, fondé en 2013, est devenu une référence pour l'information indépendante en Égypte et pour les chercheurs qui travaillent sur le pays. La suite dépend désormais du parquet : aucune date d'audience ni aucune inculpation formelle n'ont été rendues publiques à ce stade dans cette nouvelle affaire.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


