Guinée-Bissau : la police saisit les vaccins d'un essai danois prévu sur 14 000 nouveau-nés

La police judiciaire bissau-guinéenne a perquisitionné les locaux du Bandim Health Project, à Bissau, et saisi un lot de vaccins contre l'hépatite B destinés à un essai clinique mené par des chercheurs danois, une opération confirmée le 22 octobre 2026 par l'équipe de recherche et par la police. Selon l'agence Belga, les enquêteurs ont scellé le réfrigérateur contenant les doses réservées à l'étude baptisée HBV-NSE.
La police a précisé qu'il s'agit d'un « acte d'enquête » et que la saisie « ne permet pas, en soi, de conclure à l'existence d'irrégularités » quant à la qualité, à la sécurité ou à l'efficacité des vaccins, rapporte l'AFP. Aucune poursuite n'a été annoncée.
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L'essai devait porter sur environ 14 000 nouveau-nés : seule une partie d'entre eux aurait reçu le vaccin dès la naissance, l'autre plus tard. Il est financé par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) à hauteur de 1,6 million de dollars, soit environ 1,4 million d'euros, selon l'AFP. Les CDC dépendent aujourd'hui du ministère de la Santé dirigé par Robert Kennedy Jr, connu pour ses positions hostiles à la vaccination.
En février 2026, l'Organisation mondiale de la santé avait estimé, au vu des informations publiques, que l'essai n'était pas conforme aux principes éthiques et scientifiques établis, et l'avait suspendu dans l'attente d'examens techniques. Surtout, le Conseil des ministres bissau-guinéen a réaffirmé dans un communiqué du 16 octobre 2026 son refus d'autoriser l'étude selon le protocole soumis : or cette autorisation est indispensable pour démarrer.
La chercheuse Christine Stabell Benn, affiliée à l'Université du Danemark du Sud, affirme de son côté qu'aucun enfant n'a été inclus ni vacciné et que l'intervention policière n'a donc interrompu aucun essai en cours. Elle assure que les travaux avaient reçu l'aval du comité national d'éthique de Guinée-Bissau et de celui de son université.
Ce que la Guinée-Bissau a à perdre
Le dossier touche un pays où la maladie est massivement présente : plus de 12 % des adultes bissau-guinéens vivent avec une hépatite B chronique, et environ 2 % des enfants de moins de cinq ans étaient infectés en 2020, bien au-dessus de la cible mondiale, selon l'OMS. L'organisation rappelle que la transmission à la naissance est la voie la plus fréquente vers une infection chronique à vie, qui peut conduire à la cirrhose et au cancer du foie.
Au-delà du litige technique, l'affaire pose une question de souveraineté sanitaire : qui décide des recherches menées sur des nouveau-nés africains, et selon quelles règles. Ici, un gouvernement africain a dit non, et c'est ce non qui prévaut. La suite dépendra de l'enquête ouverte à Bissau et des conclusions techniques attendues par l'OMS.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


