« Les Africains qui émigrent fuient tous la misère pour venir en Europe » : vrai ou faux ? Pas si simple

Story Africa·22 octobre 2026·4 min de lecture
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« Les Africains qui émigrent fuient tous la misère pour venir en Europe » : vrai ou faux ? Pas si simple
Photo : Edison McCullen · CC BY 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

La migration africaine vers l'Europe occupe une grande place dans l'actualité. Une idée revient souvent : les Africains qui partent fuiraient tous la misère, et viendraient tous en Europe. Les grandes études menées par l'Union africaine, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dessinent une réalité plus nuancée. Voici ce qu'elles disent, chiffres et sources à l'appui.

1. La plupart des Africains ne partent pas

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Selon le deuxième Rapport sur la migration en Afrique, publié par l'Union africaine et l'OIM, environ 40 millions d'Africains vivaient en 2020 hors de leur pays de naissance : 20,8 millions dans un autre pays africain et 19,7 millions hors du continent. Rapporté aux quelque 1,4 milliard d'habitants du continent, cela représente à peine 3 Africains sur 100.

2. Plus de la moitié restent en Afrique

Les migrations à l'intérieur du continent représentent 52 % de toute l'émigration africaine. Elles se font surtout entre pays voisins, souvent pour du travail temporaire ou saisonnier. Le plus grand couloir migratoire d'Afrique relie le Burkina Faso à la Côte d'Ivoire : en 2020, 1,3 million de Burkinabè vivaient chez leur voisin ivoirien. Le continent accueille aussi près d'un quart des réfugiés du monde. « Les gens veulent rester près de chez eux », résume une porte-parole de l'OIM.

3. L'Europe, une destination parmi d'autres

Hors d'Afrique, d'après l'État de la migration dans le monde 2024 de l'OIM, les Africains vivaient en 2020 surtout en Europe (11 millions), en Asie (près de 5 millions) et en Amérique du Nord (environ 3 millions).

4. Ceux qui partent vers l'Europe ne sont pas les plus pauvres

En 2019, le PNUD a publié « Scaling Fences », une enquête menée auprès de 1 970 migrants venus de 39 pays africains et installés dans 13 pays européens. Tous étaient arrivés de façon irrégulière, sans demander l'asile ni une protection. Résultat : 58 % avaient un emploi (49 %) ou étudiaient (9 %) au moment de partir, et la majorité de ceux qui travaillaient gagnaient un salaire correct pour leur pays. Ils avaient aussi fait au moins trois années d'études de plus que les jeunes de leur âge.

5. Partir faute de choix

La moitié de ceux qui travaillaient estimaient ne pas gagner assez. Mais pour deux personnes interrogées sur trois, leur revenu ou leurs perspectives de revenu dans leur pays ne les auraient pas retenues. Pour l'administrateur du PNUD, Achim Steiner, la migration est « un écho des progrès du développement en Afrique », des progrès réels mais inégaux et pas assez rapides pour répondre aux aspirations des jeunes. Les obstacles qui bloquent leur avenir, ce que le rapport appelle le « manque de choix », pèsent lourd dans leur décision.

6. Le danger ne les arrête pas

93 % des personnes interrogées ont vécu un danger pendant leur voyage. Pourtant, seulement 2 % affirment qu'une meilleure connaissance des risques les aurait fait rester. 53 % ont reçu une aide financière de leur famille ou de leurs amis pour payer le trajet.

7. Une mission : faire vivre sa famille

Une fois en Europe, 78 % de ceux qui gagnent de l'argent en envoient chez eux. Ils envoient en moyenne un tiers de leur revenu mensuel, soit l'équivalent de 85 % de ce qu'ils gagnaient dans leur pays. Pour beaucoup, le voyage est pensé comme temporaire. Mais la honte de ne pas avoir accompli leur « mission » envers leur famille les empêche souvent de rentrer. « Quel père serais-je si je restais sans pouvoir leur offrir une vie décente ? », confie Yerima, l'un des migrants interrogés.

Verdict : PAS SI SIMPLE

La plupart des Africains qui émigrent ne viennent pas en Europe : plus de la moitié restent sur le continent. Et ceux qui arrivent en Europe ne sont souvent ni les plus pauvres ni les moins instruits. Certains fuient bien la pauvreté, les conflits ou les catastrophes, mais beaucoup partent surtout faute de choix et d'avenir, pour faire vivre leur famille.

Notre regard

Derrière chaque départ, il y a une histoire, une famille et un projet d'avenir. Comprendre pourquoi on part, c'est aussi comprendre ce qui pourrait permettre de rester. Et vous, si vous aviez un vrai avenir chez vous, partiriez-vous quand même ?

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.