Or africain : 405 tonnes parties vers les Émirats en 2022 hors des circuits légaux, selon le GI-TOC

Environ 405 tonnes d'or expédiées d'Afrique vers les Émirats arabes unis en 2022 pourraient avoir été sorties du continent en contrebande, soit 66,5 % de ces exportations, selon une estimation du Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) citée le 22 octobre 2026 par l'émission Business Africa d'Africanews. Ce métal est bien parti d'Afrique, mais il n'a jamais rapporté aux budgets des États africains ce qu'il aurait dû.
Le cas camerounais : 44 tonnes d'un côté, 148 kilos de l'autre
Le plus lu du momentDikalo Awards 2026 : le nigérian « Kakanda » de Toka Mcbaror sacré meilleur long métrage à Cannes →L'exemple le plus parlant vient du Cameroun. Selon les chiffres de la société minière nationale cités par Africanews, Dubaï a reçu 44 tonnes d'or camerounais entre 2021 et 2025. Sur la même période, les exportations officiellement déclarées par le pays s'élevaient à 148 kilogrammes. L'écart, de l'ordre de un à trois cents, ne relève plus de l'imprécision statistique mais d'un circuit parallèle organisé.
Interrogée dans l'émission, Marcena Hunter, qui dirige les travaux du GI-TOC sur les industries extractives, souligne que cet or hors registre prive les gouvernements de recettes essentielles. Derrière le chiffre, il y a des routes connues : achat au comptant sur les sites d'orpaillage, passage par des pays voisins, puis réexportation vers les raffineries du Golfe, où l'origine se perd.
Trois réponses africaines
Le continent n'assiste pas passivement à cette fuite. Le Burkina Faso a mis en service à Ouagadougou sa première raffinerie d'or, adopté un nouveau code minier et confié à deux entreprises publiques le commerce et le contrôle du métal, rapporte Africanews. Raffiner sur place, c'est garder la valeur ajoutée et, surtout, savoir ce qui sort.
La Côte d'Ivoire, dont la production officielle est passée de 13 tonnes en 2012 à 51 tonnes en 2023, a créé une société publique des métaux précieux pour encadrer la chaîne d'approvisionnement, et porté les peines encourues pour orpaillage illégal jusqu'à vingt ans de prison. L'orpaillage clandestin y reste accusé de dégâts environnementaux lourds sur les cours d'eau et les terres agricoles.
Ce qui se joue
Le débat sur la contrebande de l'or est souvent réduit à une affaire de délinquance locale, celle des orpailleurs. Les volumes rappellent qu'il s'agit d'abord d'une chaîne internationale, avec des acheteurs, des transporteurs et des raffineurs installés hors du continent, qui transforment un or sans traçabilité en lingots parfaitement vendables. Tant que les pays importateurs n'exigeront pas la même rigueur documentaire que pour le pétrole ou le diamant, les raffineries africaines et les nouveaux codes miniers ne régleront qu'une partie du problème. La question de savoir qui profite de cet or est aussi, et peut-être surtout, une question posée en dehors de l'Afrique.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


