Ouidah : Nadia Adanlé fait revivre l'indigo béninois avec seize motifs venus du fond de l'Atlantique

Story Africa·28 octobre 2026·2 min de lecture
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Le 24 octobre 2026, à l'Indigo Village, sur les rives du lac Toho dans la commune de Ouidah, au sud du Bénin, la styliste et créatrice Nadia Adanlé a présenté « Apusomɛ », la dix-neuvième collection de sa marque Couleur Indigo. Le défilé est allé chercher ses formes au fond de l'océan : seize motifs, poissons, coquillages, poulpes, méduses, tortues et coraux, imprimés sur des tissus teints à l'indigo par des artisans béninois, selon Africanews.

Un bleu que l'on avait laissé s'éteindre

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L'indigo n'est pas une couleur d'importation au Bénin : c'est un savoir-faire ancien, obtenu par fermentation de plantes tinctoriales, longtemps pratiqué par des femmes dans les cours et les ateliers de la région. Les tissus industriels bon marché l'ont peu à peu relégué. Nadia Adanlé dit vouloir précisément remettre ce tissu en lumière et le sortir de l'abandon où il était tombé, en le confiant à des artisans plutôt qu'à des machines.

Le choix du lieu n'est pas anodin. Ouidah est l'un des grands lieux de mémoire de la traite atlantique : c'est de cette côte que des centaines de milliers de captifs ont été embarqués, et la Route de l'Esclave y conduit encore aujourd'hui à la Porte du Non-Retour, face à la mer. En puisant ses motifs dans les fonds marins et en reliant explicitement sa collection à l'Atlantique et à la traite, la créatrice fait du vêtement un objet de mémoire autant que de mode.

Le Bénin mise sur ses créateurs

La démarche a été saluée par la présidence béninoise. Coline-Lee Toumson-Venite, chargée de projet arts et culture à la présidence, y voit un atout pour le secteur du tourisme culturel et créatif du pays, rapporte Africanews. Le Bénin a fait de la culture et de la mémoire un axe assumé de sa politique économique, de la restitution d'œuvres pillées à la mise en valeur de ses sites historiques.

Ce que dit ce défilé

Il serait facile de ne voir là qu'un défilé de province. C'est autre chose : la preuve qu'un savoir-faire africain menacé peut redevenir une filière, avec des teinturiers, des tisserands et des ateliers payés pour leur travail, et qu'une créatrice africaine n'a pas besoin d'un podium européen pour exister. Dix-neuf collections en témoignent.

L'indigo béninois rejoint ainsi une liste longue de textiles du continent, du kente ghanéen au bogolan malien, dont la valeur n'est plus seulement esthétique mais économique et politique : qui tient la chaîne, de la plante au vêtement, tient aussi le récit.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.