Qui a écrit notre histoire ? Comment l'Afrique a repris la plume avec l'UNESCO

Qui décide de ce que nous savons de l'Afrique ? Pendant des siècles, son histoire a surtout été racontée de l'extérieur. Au lendemain des indépendances, les Africains ont décidé de reprendre la plume. Voici comment.
« Pas d'écrits, pas d'histoire » ?
Le plus lu du momentAFRIFF : 135 films à Lagos du 1er au 7 novembre 2026, et 85 % portés par des femmes →Une idée a longtemps dominé : faute de sources écrites, il serait difficile d'étudier sérieusement le passé de l'Afrique. Combattre cette idée reçue faisait justement partie des objectifs du projet de l'UNESCO. Elle ignorait d'ailleurs des trésors écrits, comme les manuscrits de Tombouctou, conservés depuis des siècles dans les familles de la ville, qui traitent de sciences comme l'astronomie, de médecine ou de philosophie.
1964 : le choix des États africains
En 1964, la Conférence générale de l'UNESCO lance l'Histoire générale de l'Afrique. C'est une demande des États africains tout juste indépendants : ils veulent se réapproprier leur identité culturelle, corriger l'ignorance qui entoure l'histoire de leur continent et se libérer des préjugés. L'objectif, selon le projet, est de « réapproprier l'interprétation et l'écriture des histoires africaines » et de montrer la contribution des cultures africaines à l'histoire de l'humanité.
350 experts, 35 ans de travail
La première phase dure de 1964 à 1999. Elle réunit 350 experts d'Afrique et du reste du monde, sous la responsabilité d'un comité scientifique international. Huit volumes paraissent, couvrant trois millions d'années d'histoire africaine, de la méthode et de la préhistoire à l'Afrique depuis 1935.
Des savants africains aux commandes
Le projet réunit de grands savants africains : l'historien burkinabè Joseph Ki-Zerbo, formé à la Sorbonne, qui dirige le premier volume, consacré à la méthodologie et à la préhistoire ; le Sénégalais Cheikh Anta Diop ; Théophile Obenga, Ali Mazrui, Gamal Mokhtar ou Bethwell Ogot. Des chercheurs non africains, comme Jan Vansina ou Philip Curtin, y participent aussi. En 1972, Joseph Ki-Zerbo avait publié « Histoire de l'Afrique noire », devenue un ouvrage de référence.
La parole des anciens comme source
Grande nouveauté : l'histoire s'écrit à partir de sources africaines, comme les traditions orales, les arts et les langues. Des missions sont menées sur le terrain pour recueillir les traditions orales, et des centres de documentation régionaux sont créés. Dans toute l'Afrique de l'Ouest, les griots sont depuis des siècles les gardiens de cette mémoire, transmise de génération en génération.
Une mémoire dispersée
Pour réunir les sources, l'UNESCO a aussi rassemblé des manuscrits inédits en arabe et en ajami, c'est-à-dire en langues africaines écrites avec l'alphabet arabe, et dressé des inventaires d'archives. Un « Guide des sources de l'histoire de l'Afrique », tiré des archives et bibliothèques de plusieurs pays d'Europe et d'Asie, a été publié en neuf volumes : une part importante de la mémoire écrite du continent est conservée hors d'Afrique.
Une histoire traduite et transmise
L'Histoire générale de l'Afrique est publiée en anglais, en français et en arabe, avec une version abrégée en kiswahili, en haoussa et en peul. Depuis 2009, une seconde phase vise à en tirer des programmes et des outils pour les écoles. En 2025, trois nouveaux volumes sont parus : l'histoire générale de l'Afrique revisitée, l'Afrique et ses diasporas, et l'Afrique mondiale d'aujourd'hui.
Notre regard
L'Histoire générale de l'Afrique est un trésor que trop peu de gens ont ouvert. Elle prouve que l'Afrique a une histoire longue, riche et documentée, et que ses propres enfants savent l'écrire. Reste une question, qui vous appartient : qui doit écrire l'histoire de l'Afrique aujourd'hui ?
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


