22 octobre 1956 : la France détourne l'avion de cinq chefs du FLN, dont Ben Bella

Story Africa·22 octobre 2026·3 min de lecture
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22 octobre 1956 : la France détourne l'avion de cinq chefs du FLN, dont Ben Bella
Photo : Anefo · CC0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Le 22 octobre 1956, des chasseurs français interceptent au-dessus de la Méditerranée un DC-3 de la Royal Air Maroc reliant Rabat à Tunis et le forcent à se poser à Alger. À bord : cinq dirigeants du Front de libération nationale (FLN) algérien, Ahmed Ben Bella, Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf. Arrêtés sur le tarmac, ils resteront prisonniers plus de cinq ans.

Ces hommes n'allaient pas à la guerre, mais à une conférence : le président tunisien Habib Bourguiba les avait invités à discuter d'un projet de fédération nord-africaine, deux ans après le début de la guerre d'Algérie, le 1er novembre 1954. Le Maroc était indépendant depuis le 2 mars 1956, la Tunisie aussi : l'Afrique du Nord se réorganisait, et l'Algérie restait la pièce manquante.

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Un avion changé à la dernière minute

D'après Afrik.com, c'est Aït Ahmed qui avait fait changer ses compagnons d'appareil pour ne pas exposer le roi Mohammed V, dont l'avion devait les transporter. Ce second appareil, d'une compagnie marocaine mais piloté par un Français, n'avait aucune immunité diplomatique : c'est cette faille que la France a utilisée, après l'escale de Palma de Majorque.

Qui a donné l'ordre ? Les sources divergent. Wikipédia l'attribue à Max Lejeune, secrétaire d'État aux forces armées, et à des généraux d'Alger, le président du Conseil Guy Mollet ayant été tenu à l'écart ; Hérodote décrit des services secrets agissant au-delà des consignes du gouvernement. Les deux versions se rejoignent : Paris a découvert le coup de force après coup, et l'a assumé.

Deux États africains humiliés

La riposte est immédiate. Au Maroc, Mohammed V, dont les hôtes venaient d'être enlevés, rappelle son ambassadeur à Paris ; des émeutes à Meknès et ses environs font des dizaines de morts, selon Hérodote. En Tunisie, Bourguiba s'aligne sur Rabat : la conférence n'a pas lieu et la fédération nord-africaine est enterrée. À Paris, le secrétaire d'État Alain Savary démissionne et des négociations secrètes menées à Rome avec le FLN sont rompues, rapporte Wikipédia.

Ce que le détournement a changé

L'opération visait à décapiter le FLN. Elle a surtout écarté ses dirigeants politiques, les plus ouverts à une solution négociée, au profit de sa branche militaire et de ses éléments les plus durs : Hérodote comme Afrik.com y voient un tournant dans la radicalisation du conflit. Ben Bella, lui, aurait lancé que « cela ne changera rien », selon Wikipédia.

Il ne se trompait pas. Les cinq sont libérés avec les accords d'Évian, signés le 18 mars 1962. Le 1er juillet, les Algériens approuvent l'indépendance par 5 975 581 voix contre 16 534 ; elle est proclamée le 3 juillet. Le 22 septembre, Ben Bella devient le premier président de l'Algérie indépendante.

À retenir

Le 22 octobre 1956, la France détourne un avion marocain pour capturer cinq chefs du FLN, dont Ahmed Ben Bella, qui passeront plus de cinq ans en prison. Loin de briser la révolution algérienne, le coup de force a durci la guerre et enterré la fédération nord-africaine.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.