21 octobre 1918 : Albertina Sisulu, bannie dix-huit ans par l'apartheid, nomme Mandela président en 1994

Le 21 octobre 1918, dans le district de Tsomo, au Transkei (aujourd'hui Cap-Oriental, en Afrique du Sud), naît Nontsikelelo Thethiwe. Le pays la connaîtra sous le nom d'Albertina Sisulu, celle que les Sud-Africains appellent « Mère de la Nation ».
Elle entre en formation d'infirmière en janvier 1940 dans l'aile réservée aux non-Blancs de l'hôpital général de Johannesburg. Le 15 juillet 1944, elle épouse Walter Sisulu, futur secrétaire général de l'ANC ; Nelson Mandela est son témoin. La même année, elle est la seule femme présente à la réunion fondatrice de la Ligue de la jeunesse de l'ANC, selon South African History Online (SAHO).
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Le 9 août 1956, elle participe à l'organisation de la marche de plus de 20 000 femmes sur les Union Buildings de Pretoria contre l'extension du passeport intérieur aux femmes africaines, d'après la biographie officielle du gouvernement sud-africain (GCIS). Sept ans plus tard, son mari étant entré dans la clandestinité, la police l'arrête : elle est la première femme détenue sous la loi dite des 90 jours, qui autorise l'enfermement au secret sans inculpation. Les sources divergent sur la date : le 19 avril 1963 pour SAHO, juin 1963 ailleurs.
Puis vient le bannissement, prononcé en 1964 après la condamnation de son mari au procès de Rivonia : interdiction de parler en public, d'être citée, de quitter sa commune d'Orlando, et des années d'assignation à domicile. Le GCIS parle de dix-huit ans, « plus longtemps que quiconque » en Afrique du Sud ; d'autres décomptes retiennent dix-sept ans. Walter Sisulu reste à Robben Island jusqu'en 1989. Elle élève leurs enfants, soigne dans les townships et paie de sa liberté chaque vague de répression.
Du silence imposé à la tribune du Parlement
Le 20 août 1983, alors qu'elle attend son procès, elle est élue en son absence co-présidente du Front démocratique uni (UDF), la grande coalition anti-apartheid. En juin 1989, la femme que l'État interdisait de citer conduit une délégation de l'UDF à l'étranger : elle est reçue par Margaret Thatcher à Londres, puis le 30 juin à la Maison Blanche par George H. W. Bush.
Le 9 mai 1994, dans la première Assemblée nationale élue au suffrage universel, c'est elle qui se lève pour proposer « Nelson Rolihlahla Mandela » à la présidence, rappelle la Fondation Nelson Mandela. Députée, elle quitte la politique en 1999 et meurt le 2 juin 2011 à Johannesburg, à 92 ans.
Son parcours dit ce que les récits de la libération oublient souvent : les femmes n'ont pas été les épouses patientes des héros, elles ont tenu les réseaux et les organisations quand les hommes étaient au bagne.
À retenir
Née le 21 octobre 1918, Albertina Sisulu fut la première femme détenue sous la loi des 90 jours et la personne la plus longtemps bannie par l'apartheid. En 1994, c'est elle qui proposa Nelson Mandela à la présidence.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


