RDC : pendant que tout va à Ebola, MSF a soigné 33 000 enfants dénutris au Nord-Kivu

Story Africa·27 octobre 2026·2 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Médecins Sans Frontières a lancé le 26 octobre 2026 un avertissement sur les urgences médicales que l'épidémie d'Ebola fait passer au second plan en République démocratique du Congo. Selon l'ONG, l'épidémie qui frappe l'est du pays depuis mai 2026 a fait plus de 9 500 morts et absorbe une large part des ressources sanitaires du Nord-Kivu, une province déjà exsangue.

Le problème n'est pas la riposte, mais ce qu'elle laisse sans moyens. Entre janvier et août 2026, plus de 33 000 enfants ont été pris en charge pour malnutrition dans seulement cinq structures soutenues par MSF au Nord-Kivu. Les combats entre les forces congolaises, l'AFC/M23 et leurs alliés y ont déplacé des millions de familles : plus de 80 % des déplacés du pays se trouvent au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, selon l'ONU. D'après le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, plus de 26 millions de Congolais sont en situation de crise ou d'urgence alimentaire, dont près de 4 millions dans cette seule province.

Le plus lu du momentGabon : les réseaux sociaux rouvrent après huit mois de blocage, mais il faudra montrer sa pièce d'identité →

La malnutrition rend Ebola plus meurtrier

L'ONG insiste sur un enchaînement rarement expliqué : un enfant dénutri a des défenses affaiblies, donc plus de risques face au paludisme, à la rougeole et à Ebola lui-même. Négliger la malnutrition revient à alimenter l'épidémie que l'on cherche à éteindre.

Le paludisme illustre le même piège. Première cause de morbidité en RDC selon MSF, il a valu à l'organisation la prise en charge de plus de 255 000 cas simples et plus de 26 000 cas graves au Nord-Kivu en 2025. Or ses premiers symptômes ressemblent à ceux d'Ebola : le doute retarde le bon traitement. MSF prévient en outre que la province risque d'être écartée des prochaines subventions du Fonds mondial.

À Popokabaka, le choléra tue en quelques heures

Dans la province du Kwango, à l'autre extrémité du pays, l'épidémie de choléra de Popokabaka avait atteint 345 cas suspects et 21 décès au 22 juillet 2026. Un malade peut mourir en quelques heures faute de réhydratation rapide, alors que le traitement est simple et peu coûteux. MSF y appuie l'hôpital et un centre de traitement, a ouvert quatre unités dans les aires de santé, plus de 30 points de réhydratation orale et 36 points de chloration de l'eau, et dit avoir pris en charge 450 patients. Son évaluation est sans détour : 61 % de la population dispose de moins de 15 litres d'eau potable par personne et par jour.

Le message de MSF n'est pas de détourner les moyens d'Ebola, mais de refuser l'arbitrage. Les ministres africains de la Santé sont attendus le 28 octobre 2026 à l'invitation d'Africa CDC pour parler du financement de la riposte : les maladies que l'urgence relègue y auront aussi leur place à défendre.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.