RDC : une infirmière tuée à Bafwasende alors qu'elle répondait à une alerte Ebola

Story Africa·27 octobre 2026·3 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram
RDC : une infirmière tuée à Bafwasende alors qu'elle répondait à une alerte Ebola
Photo : Laurel L. Russwurm from Canada · CC BY 2.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Une infirmière a été tuée et un autre agent de santé grièvement blessé le samedi 24 octobre 2026 à Bafwasende, dans la province de Tshopo, au nord-est de la République démocratique du Congo, alors que l'équipe répondait à une alerte Ebola. L'information a été rendue publique le dimanche 25 octobre par le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, rapporte Al Jazeera.

Selon Radio Okapi, la radio onusienne en RDC citée par le média ghanéen MyJoyOnline, les assaillants étaient des jeunes du secteur, qui accusaient les soignants de contaminer les sources d'eau et de propager le virus. Les autorités locales ne s'étaient pas exprimées sur l'attaque ni sur d'éventuels suspects.

Le plus lu du momentGabon : les réseaux sociaux rouvrent après huit mois de blocage, mais il faudra montrer sa pièce d'identité →

« La santé n'est pas une cible »

Le personnel de santé « doit pouvoir exercer ses fonctions en sécurité et dans la dignité », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a adressé ses condoléances à la famille et aux collègues de l'infirmière. Le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, le docteur Mohamed Yakub Janabi, a écrit que « la santé n'est PAS une cible » et appelé à ce que la désinformation et la peur ne nourrissent pas la violence.

Ce n'est pas un fait isolé. En septembre 2026, un homme politique congolais a été battu à mort au Nord-Kivu après avoir publiquement soutenu la riposte. En mai, des habitants avaient incendié des tentes dans deux centres de santé lors de deux attaques survenues en une semaine, rappelle Al Jazeera. Des équipes ont aussi été retenues ou menacées dans des zones de santé.

Une défiance qui a des causes

Cette hostilité ne tombe pas du ciel. Les soignants interrogés par Al Jazeera la relient à une méfiance profonde envers l'État, nourrie par la gestion de l'épidémie et par une corruption chronique ; certains habitants considèrent Ebola comme une invention. À cela s'ajoutent le manque de matériel médical et la pénurie de personnel, particulièrement dans les zones reculées et les nouveaux foyers.

Près de 10 000 cas depuis mai

Le ministère congolais de la Santé recensait plus de 9 800 cas et plus de 4 700 morts depuis le début de l'épidémie en mai 2026, un bilan que la BBC, citée par MyJoyOnline, portait à plus de 4 800 décès. C'est l'épidémie d'Ebola la plus meurtrière de l'histoire de la RDC et la plus rapide au monde, selon Al Jazeera. La souche en cause, Bundibugyo, ne dispose d'aucun vaccin homologué ni traitement spécifique.

Quatre pays sont désormais touchés, l'extension géographique la plus large jamais enregistrée pour Ebola sur le continent : deux personnes passées par l'Ouganda ont été déclarées positives au Kenya et au Nigeria. Dans sa mise à jour du 23 octobre, l'OMS a réclamé une surveillance renforcée et une coopération transfrontalière, tout en déconseillant les restrictions de voyage et de commerce contre les pays concernés.

Derrière les courbes, il y a des femmes et des hommes qui marchent vers les villages avec un thermomètre et un registre. Les protéger n'est pas une question de logistique : c'est la condition pour que la riposte existe.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.