« Trop arrogante » : la France n'a pas vu venir son rejet en Afrique, selon le journaliste Christophe Boisbouvier

La France a été « trop arrogante, trop sûre d'elle » et n'a pas anticipé la vague de rejet qui l'a chassée d'une partie de l'Afrique : c'est le constat du journaliste Christophe Boisbouvier, spécialiste du continent à RFI, dans un entretien publié le 23 octobre 2026 par la radio française et repris par AllAfrica. Il y présente son livre « La Françafrique est morte, vive l'Afrique-France ».
Quinze ans après les promesses d'une « relation nouvelle » avec le continent, Paris cherche encore, selon lui, à concilier deux objectifs contradictoires : renoncer à l'ingérence héritée de la colonisation et conserver son influence. Le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007, affirmant que les Africains n'étaient « pas suffisamment entrés dans l'histoire », a laissé une plaie durable, rappelle l'entretien.
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Le recul est d'abord géographique. La France a été contrainte de quitter le Mali, le Burkina Faso et le Niger, dont les gouvernements militaires se sont tournés vers Moscou. Ailleurs, le départ a été négocié : fin des implantations permanentes au Tchad, au Sénégal et en Côte d'Ivoire. À Dakar, c'est le président Bassirou Diomaye Faye, élu en 2024, qui a obtenu en juillet 2025 la fermeture des deux dernières bases françaises, tout en maintenant la coopération économique.
Boisbouvier ne gomme pas pour autant les interventions récentes. Il cite l'appui français qui a aidé à faire échouer un coup d'État au Burkina Faso en septembre 2015, sous la transition de Michel Kafando ; la frappe aérienne française contre des rebelles au Tchad en 2019 ; et, en décembre 2025, le renseignement et la logistique fournis au Bénin, avec un appui aérien et terrestre du Nigeria, pour déjouer une tentative de coup d'État contre Patrice Talon. Au Gabon, où le général Brice Oligui Nguema a mis fin en août 2023 à cinquante-six ans de dynastie Bongo, le journaliste estime que les services français étaient informés des préparatifs, sans qu'aucune preuve d'une implication existe.
Le rapport de force s'inverse
L'argument qui pèse le plus lourd est économique. Selon l'entretien, le produit intérieur brut cumulé du continent doit dépasser en 2026 celui de la France, autour de 3 000 milliards d'euros. Le sommet Afrique-France de Nairobi, en mai 2026, a montré qu'une coopération d'égal à égal était possible — à condition qu'elle se négocie, et non qu'elle se concède.
Reste la question du remplacement. Les paramilitaires russes de l'Africa Corps ont gagné du terrain au Sahel, et Boisbouvier rappelle les abus qui leur sont imputés au Mali, dont la mort de centaines de civils à Moura en 2022. Le sommet Russie-Afrique des 28 et 29 octobre 2026 dira si les États africains comptent échanger une dépendance contre une autre, ou imposer cette fois leurs propres conditions.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


