Tunisie : Olfa Hamdi, opposante et ex-patronne de Tunisair, condamnée à quatre ans par un tribunal militaire

Story Africa·22 octobre 2026·2 min de lecture
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Tunisie : Olfa Hamdi, opposante et ex-patronne de Tunisair, condamnée à quatre ans par un tribunal militaire
Photo : Adam Jones, Ph.D. · CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Un tribunal militaire tunisien a condamné l'opposante Olfa Hamdi à quatre ans de prison et à 80 000 dinars d'amende, soit environ 26 000 dollars, a annoncé son avocat Akram Moussa le mercredi 21 octobre 2026, selon Reuters.

La peine résulte de deux condamnations distinctes de deux ans chacune, précise l'avocat. Les chefs retenus sont le complot contre la sûreté de l'État et l'incitation des militaires à désobéir aux ordres. Selon Al Jazeera, ces accusations découlent de publications diffusées sur les réseaux sociaux. Olfa Hamdi avait déjà été condamnée en mars 2026 à deux ans de prison dans une autre affaire.

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Une ingénieure devenue opposante

Olfa Hamdi dirige le Third Republic Party. Binationale tunisienne et américaine, elle a brièvement été à la tête de Tunisair, la compagnie aérienne nationale, et dirige un cabinet de conseil aux États-Unis, où elle vivait. Elle a été interpellée en février 2026 à sa descente d'avion, à l'aéroport principal du pays, rapporte Reuters.

En 2024, elle avait voulu se présenter à la présidentielle : sa candidature avait été écartée parce qu'elle avait 36 ans, alors que la Constitution fixe l'âge minimum à 40 ans, rappelle Al Jazeera. Depuis, elle réclame un gouvernement de transition et des élections présidentielles anticipées.

Des civils devant la justice militaire

Le point le plus lourd de ce dossier n'est pas la durée de la peine, mais la juridiction : une femme politique civile jugée par des juges militaires pour des mots écrits en ligne. La Tunisie avait été, en 2011, le pays où s'est ouvert un cycle de libertés arrachées dans la rue ; le tribunal militaire y redevient un instrument de la vie politique.

Selon Reuters, la condamnation s'inscrit dans une série de mesures visant les opposants au président Kais Saied, et de nombreux opposants, militants et journalistes sont aujourd'hui emprisonnés. Kais Saied, critiqué depuis 2021 pour sa concentration des pouvoirs, rejette ces accusations : il affirme n'être pas un dictateur et assure que la loi s'applique à tous.

Le week-end précédant le verdict, des milliers de Tunisiens ont manifesté contre le chef de l'État, dans la plus grande mobilisation depuis des années, reprochant au pouvoir d'affaiblir la démocratie et de mal gérer l'économie, selon la même source. Le département d'État américain a fait savoir qu'il suivait « de près » la situation d'Olfa Hamdi, rapporte Al Jazeera.

La défense peut faire appel. Le dossier devient un test pour la justice tunisienne : celui de savoir si l'uniforme peut durablement trancher des différends politiques dans un pays où la société civile, syndicats et avocats en tête, reste l'une des plus organisées du continent.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.