VIH : 76 922 Sud-Africains sous injection semestrielle, et des infirmières formées à l'huile de cuisine

Au 8 octobre 2026, 76 922 personnes avaient commencé en Afrique du Sud le lénacapavir, un traitement préventif contre le VIH qui s'injecte seulement deux fois par an, selon Foster Mohale, porte-parole du ministère de la Santé, cité par le média sud-africain Spotlight le 23 octobre 2026. Le déploiement a démarré le 5 juin 2026 dans 360 établissements publics de six provinces ; le Gauteng concentre à lui seul 36 733 initiations dans 133 centres.
L'enjeu est considérable. Le pays a enregistré environ 140 000 nouvelles infections en 2025. D'après les modélisations citées par Spotlight, monter à 1,4 à 2,1 millions d'initiations par an d'ici 2030 permettrait d'éviter entre 32 200 et 51 700 infections chaque année. À la mi-2025, près de 350 000 personnes prenaient la prévention sous forme de comprimé quotidien, selon les estimations Thembisa.
Le plus lu du momentGabon : les réseaux sociaux rouvrent après huit mois de blocage, mais il faudra montrer sa pièce d'identité →Une solution épaisse, une astuce de cuisine
Derrière ces chiffres, il y a un apprentissage très concret, raconté par Spotlight. Les infirmières doivent d'abord valider le cours obligatoire NIMART, qui les autorise à initier un traitement antirétroviral. Puis vient la pratique : le produit est si visqueux qu'elles s'exercent à le prélever avec de l'huile de cuisine. Une pharmacienne de l'institut Wits RHI leur a enseigné une méthode plus rapide — garder le flacon à la verticale et aspirer d'abord de l'air. Elles apprennent aussi à injecter lentement pour éviter les fuites, avec l'appui de vidéos et de collègues plus expérimentées.
Keitumetse « Tumi » Senokwane, infirmière depuis vingt-six ans et responsable de site, et la chercheuse Catherine Martin décrivent un savoir-faire qui ne s'apprend pas dans un manuel. La première consultation dure environ une heure et demie ; les suivantes, une heure ou moins.
Les patients ont choisi
L'étude LEN4PrEP, menée par Wits RHI dans deux centres de santé de Tshwane, a recruté 1 544 participants entre novembre 2025 et juin 2026, avec un suivi jusqu'en juin 2027. Parmi les 1 538 qui ont indiqué leur préférence, 85,8 % ont choisi l'injection, 13,7 % les comprimés et 0,5 % rien du tout. La raison tient en un mot : la commodité, puisque l'injection supprime la pilule quotidienne et les passages fréquents en clinique. Parmi ceux qui ont commencé, environ la moitié des femmes préfèrent la fesse, et 51 % des hommes le haut du bras. Un essai clinique mené sur 2 140 participants a relevé des nodules au point d'injection chez environ 64 % d'entre eux.
« Les gens veulent des options qui s'intègrent à leur vie », a résumé la professeure Saiqa Mullick, du Wits RHI, lors d'une conférence tenue à Johannesburg en septembre 2026. Le ministère sud-africain indique que les retours des premiers sites serviront à affiner la formation et les recommandations nationales — un savoir-faire que d'autres pays du continent, confrontés à la même épidémie, suivront de près.
À lire aussi
ActualitéSomalie : 84 frappes américaines en neuf mois, et des familles du Bas-Juba sans réponse
ActualitéTigré : le chef du TPLF affirme que la guerre continue, trois semaines après la reprise de Mekele
BusinessUEMOA : la BCEAO fait payer les gros transferts sur PI-SPI dès le 2 novembre 2026, Wave rejoint le réseau
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


