29 octobre 1956 : trois armées attaquent l'Égypte pour reprendre le canal de Suez

Le 29 octobre 1956, l'armée israélienne franchit la frontière égyptienne et entre dans le Sinaï et la bande de Gaza. Deux jours plus tard, l'aviation française et britannique bombarde l'Égypte. La cause est connue : trois mois plus tôt, le 26 juillet 1956, le président Gamal Abdel Nasser avait annoncé la nationalisation de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez.
Un canal creusé par des Égyptiens, possédé par d'autres
Le plus lu du momentGabon : les réseaux sociaux rouvrent après huit mois de blocage, mais il faudra montrer sa pièce d'identité →Le canal est percé entre 1859 et 1869, sur une concession de 99 ans qui devait s'achever en 1968. Pour creuser ces 164 kilomètres, le vice-roi d'Égypte recourt à la corvée : environ 400 000 fellahs sont mobilisés entre 1859 et 1862, selon l'historienne Caroline Piquet (CNRS/Sorbonne Université), citée par CNRS Le Journal. Combien sont morts ? « Plusieurs dizaines de milliers », estime-t-elle ; le chiffre de 120 000 décès, avancé bien plus tard par Nasser lui-même, n'est pas vérifiable faute d'archives.
En 1875, l'Égypte en faillite doit céder à Londres les 44 % de parts qu'elle détenait ; en 1882, la Grande-Bretagne occupe militairement le pays. En nationalisant le canal, Nasser répondait aussi au refus américain de financer le haut barrage d'Assouan, souligne Caroline Piquet.
Un accord secret signé à Sèvres
La riposte était préparée. Du 22 au 24 octobre 1956, la France, le Royaume-Uni et Israël s'entendent en secret à Sèvres : Israël attaquerait le 29 octobre, puis Paris et Londres sommeraient les deux camps de s'éloigner du canal avant de frapper l'Égypte en cas de refus. Le plan est exécuté à la lettre. L'ultimatum tombe le 30 octobre, Nasser le rejette ; les bombardements commencent le 31, les parachutistes sautent sur Port-Saïd le 5 novembre et les Royal Marines débarquent le 6.
Le nombre d'Égyptiens tués « n'a jamais été établi de façon fiable », reconnaît Wikipédia en anglais, qui cite des estimations de 1 650 à 3 000 morts, dont environ un millier de civils ; la version française évoque 750 à 1 000 morts, essentiellement civils. En face, les pertes se comptent par dizaines : 22 Britanniques et 10 Français tués.
Battue sur le terrain, victorieuse à l'ONU
Le 2 novembre 1956, l'Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution 997 par 64 voix contre 5 et 6 abstentions : cessez-le-feu, retrait, réouverture du canal. Lâchées par Washington, qui laisse filer la livre sterling, Londres et Paris achèvent leur retrait le 22 décembre 1956 ; Israël n'évacue le Sinaï et Gaza qu'en mars 1957.
L'Égypte garde le canal. Nasser sort de l'épreuve avec un prestige considérablement accru, et la crise renforce le FLN algérien, soutenu par Le Caire, dans une vague de solidarité venue d'Afrique et d'Asie.
À retenir
Trois armées ont attaqué l'Égypte pour lui reprendre une infrastructure qu'elle venait de nationaliser. Dix jours de guerre et une défaite militaire plus tard, le canal est resté égyptien.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


