30 octobre 1974 : à Kinshasa, Mohamed Ali reprend son titre et l'Afrique devient le centre du monde

Story Africa·28 octobre 2026·3 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram
30 octobre 1974 : à Kinshasa, Mohamed Ali reprend son titre et l'Afrique devient le centre du monde
Photo : United Press International · Public domain, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Le 30 octobre 1974, au stade du 20-Mai de Kinshasa, Mohamed Ali met au tapis George Foreman au huitième round et redevient champion du monde des poids lourds, sept ans après avoir été privé de son titre. Soixante mille personnes sont dans les gradins, selon Wikipédia, et le combat est programmé vers 4 heures du matin pour coller aux heures de grande écoute américaines. Pour la première fois, un championnat du monde des lourds se tient sur le sol africain.

Un combat que le régime voulait pour sa vitrine

Le plus lu du momentAFRIFF : 135 films à Lagos du 1er au 7 novembre 2026, et 85 % portés par des femmes →

Le montage est l'œuvre du promoteur Don King, qui avait promis à chaque boxeur une bourse record de 5 millions de dollars sans avoir l'argent et ne pouvait pas organiser l'affiche aux États-Unis. Il lui fallait un pays hôte : le Zaïre de Mobutu Sese Seko s'est proposé. D'après l'enquête de RFI signée Laurent Correau, Mobutu y a vu un instrument de communication pour s'imposer comme un dirigeant majeur du continent ; sur les affiches, rappelle l'universitaire congolais Eddy Tambwe, le président apparaissait plus grand que les boxeurs.

Les sources divergent sur qui a payé : la RTBF écrit que Mobutu a réglé les bourses à condition que le combat se tienne à Kinshasa, quand Don King a affirmé à la télévision avoir été aidé par le Libyen Mouammar Kadhafi. Reporté de cinq semaines après une blessure de Foreman à l'entraînement, le combat a suivi le festival Zaïre 74, tenu du 22 au 24 septembre avec James Brown, Miriam Makeba et Tabu Ley Rochereau.

« Ali boma ye » : la foule avait choisi son camp

Ali, qui avait embrassé le sol congolais à son arrivée, s'était présenté comme un fils revenu chez lui. La foule a repris son cri, « Ali boma ye » — « Ali, tue-le » en lingala. Selon le témoin Séraphin Awazi cité par RFI, 80 % du public soutenait Ali, et Foreman reconnaîtra dans ses mémoires qu'il ne pouvait pas gagner devant cette foule. Adossé aux cordes des rounds entiers, Ali a laissé son adversaire s'épuiser avant de le faire tomber d'une droite ; l'arbitre Zack Clayton a arrêté le combat.

Certaines sources estiment jusqu'à un milliard de téléspectateurs, ce qui en ferait la retransmission en direct la plus suivie de l'époque : une estimation, pas un décompte. Ce que l'Afrique y a gagné est réel : l'image d'un continent capable d'accueillir le plus grand événement sportif de la planète, et un combat « entre deux Noirs, dans une nation noire », selon les slogans peints sur les murs de Kinshasa. Ce que les Zaïrois n'y ont pas gagné l'est aussi : le régime en a tiré un prestige qu'il a fait payer à son peuple vingt-deux ans encore.

À retenir

Le 30 octobre 1974, Kinshasa a offert au monde son plus grand combat de boxe et prouvé que l'Afrique pouvait être la scène, et non le décor. Mais la fête a aussi servi de vitrine à une dictature : les deux vérités tiennent dans la même nuit.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.