4 novembre 1977 : l'embargo sur les armes que l'Afrique a arraché à l'ONU contre l'apartheid

Le 4 novembre 1977, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité, par quinze voix, la résolution 418 : l'Afrique du Sud de l'apartheid est frappée d'un embargo obligatoire sur les armes. Jamais le Conseil n'avait imposé de sanctions contraignantes à un État membre, au titre du chapitre VII de la Charte, selon le recueil de résolutions unscr.com. Trois États africains siégeaient alors au Conseil : le Bénin, la Libye et Maurice.
Une victoire arrachée par le groupe africain
Le plus lu du momentLigue des champions féminine : huit clubs en Égypte, l'AS FAR remet son titre africain en jeu →Cet embargo n'est pas un cadeau des grandes puissances, c'est le fruit d'une campagne africaine. En mars 1977, l'ambassadeur nigérian Leslie O. Harriman, président du groupe africain à l'ONU, annonce que celui-ci fera pression pour un embargo obligatoire, rappelle une notice historique d'EBSCO. En août, une conférence à Lagos réunit les représentants de 111 gouvernements. Mais trois projets de résolution africains plus ambitieux — interdiction des investissements et des crédits, révocation des licences de fabrication d'armes, arrêt de la coopération nucléaire — sont bloqués par les vetos de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis.
Soweto, Biko et dix-huit organisations interdites
Le monde n'a bougé qu'après le sang : 69 morts à Sharpeville en 1960, le soulèvement de Soweto en 1976. En septembre 1977, Pretoria annonce la mort de Steve Biko en détention policière. Un mois plus tard, le régime frappe de nouveau : près de cinquante responsables noirs placés en détention préventive, dix-huit organisations interdites, plusieurs journaux noirs fermés dont The World, le plus diffusé du pays. Le 31 octobre, à la demande de la Tunisie, le Conseil adopte la résolution 417, qui exige la libération des détenus et l'abolition de l'« éducation bantoue ».
L'embargo du 4 novembre interdit la vente d'armes, de munitions, de véhicules militaires, de matériel de police paramilitaire et de pièces détachées, ainsi que l'octroi de licences de fabrication, détaille le SIPRI.
Un embargo contourné, un débat qui dure
Les effets sont réels mais limités. Paris annule la livraison d'avisos et de sous-marins, l'achat de vedettes israéliennes Sa'ar 4 tombe à l'eau, Washington cesse de fournir l'uranium enrichi du réacteur SAFARI-1. Mais l'effet reste « principalement symbolique », estime Larry Thornton dans la notice d'EBSCO : l'industrie d'armement sud-africaine était déjà presque autosuffisante, et plusieurs États ont ignoré l'embargo. Dans les années 1980, presque toutes les armes du régime sont conçues sur place, du char Olifant à l'hélicoptère Oryx. Il a fallu une nouvelle résolution, en 1986, pour colmater les failles.
L'embargo n'a été levé que le 25 mai 1994, par la résolution 919, après l'élection de Nelson Mandela, indique le SIPRI. Dix-sept ans.
À retenir
Le 4 novembre 1977, l'apartheid est devenu le premier État membre de l'ONU sanctionné sous la contrainte, parce que des diplomates africains l'avaient exigé des années durant. L'embargo fut contourné, mais il a fait du régime un paria officiel.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


