Borno : une association recense 10 000 disparus et soutient 600 orphelins à Maiduguri

Story Africa·26 octobre 2026·2 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram
Borno : une association recense 10 000 disparus et soutient 600 orphelins à Maiduguri
Photo : Ifeatu Nnaobi · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

À Maiduguri, capitale de l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, une association de familles de personnes déplacées et disparues a enregistré environ 10 000 disparitions dans le seul État de Borno, selon un reportage publié par Al Jazeera le 25 octobre 2026. Créée en 2023, immatriculée auprès de la Corporate Affairs Commission en 2025, elle se réunit chaque mois et beaucoup de familles n'y ont pas encore déclaré leurs proches.

Son président, Kashim Mohammed, 39 ans, cherche sa sœur cadette Falmata depuis 2011. Elle voyageait avec leur mère de Maiduguri vers Port Harcourt quand des hommes armés non identifiés les ont enlevées, raconte-t-il à Al Jazeera. Des années plus tard, un inconnu lui a affirmé au marché de Baga Road que Falmata se trouvait à Benin ; l'homme est parti sans laisser de coordonnées et l'information n'a jamais pu être vérifiée. Leur père, Mohammed Kolo, employé du State Specialist Hospital de Maiduguri, est mort à 60 ans sans savoir.

Le plus lu du momentGabon : les réseaux sociaux rouvrent après huit mois de blocage, mais il faudra montrer sa pièce d'identité →

« Bakura » vendait des cosmétiques

Muhammad Alhaji Bashir, 29 ans, avait environ 14 ans quand son frère aîné Adam Muhammad Bashir, que tout le monde appelait Bakura, a disparu, vers 2012 ou 2013. Bakura vendait des cosmétiques sur un marché de la ville et étudiait le génie civil au Ramat Polytechnic. La famille est allée jusqu'au centre de réhabilitation de Bulumkutu : personne ne l'a reconnu. Leurs parents sont morts sans réponse.

Des registres tenus par les familles elles-mêmes

Des défenseurs locaux avancent le chiffre de 17 000 disparus pour l'ensemble du nord du Nigeria. Al Jazeera précise que les sources, les périodes couvertes et les méthodes de ces estimations n'ont pas été vérifiées de façon indépendante. Le conflit lié à Boko Haram a commencé en 2009 et a provoqué enlèvements et déplacements massifs. Dix-sept ans plus tard, ce sont des familles qui tiennent les comptes.

Le Comité international de la Croix-Rouge et la Croix-Rouge nigériane appuient les recherches et les réunifications familiales ; le CICR a distribué des produits de secours et transmet à l'association des avis portant des noms de personnes recherchées. L'association, elle, soutient quelque 600 enfants orphelins, dont certains ont quitté l'école faute de moyens.

Les inondations de 2024 à Maiduguri ont submergé une partie du quartier de Ngarnam et détruit des photographies dont les familles se servaient pour faire reconnaître leurs proches. Chercher sans image, c'est chercher deux fois.

Aucune démarche officielle n'est annoncée dans le reportage. Le droit de savoir ce qui est arrivé aux siens n'est pourtant pas une faveur : c'est une obligation que l'État nigérian et ses partenaires doivent aux habitants du Nord-Est. Kashim Mohammed, lui, a laissé un message à sa sœur : la famille est toujours à Bolori II, et elle attend.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.