Gabès : dix militants écologistes condamnés six ans après un sit-in contre l'usine de phosphate

Story Africa·22 octobre 2026·2 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram
Gabès : dix militants écologistes condamnés six ans après un sit-in contre l'usine de phosphate
Photo : Bibiire1 · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Dix militants écologistes de Gabès, dans le sud de la Tunisie, ont été condamnés le 21 octobre 2026 pour leur participation à un sit-in organisé en 2020 contre la pollution attribuée à la grande usine de transformation de phosphate de la ville. Huit ont écopé de six mois de prison avec sursis et deux d'un an de prison ferme, selon leur avocate Hamida Chaieb, citée par Africanews.

La plainte a été déposée par l'usine elle-même, le Groupe chimique tunisien (GCT), une entreprise publique qui reproche aux manifestants d'avoir entravé ses opérations, rapporte Africanews. Selon la campagne Stop Pollution, qui a annoncé le verdict sur Facebook, le tribunal a reconnu au GCT un préjudice.

Le plus lu du momentDikalo Awards 2026 : le nigérian « Kakanda » de Toka Mcbaror sacré meilleur long métrage à Cannes →

Un sit-in pour le droit à la santé

Le rassemblement de 2020 s'était tenu devant la direction régionale du GCT pour réclamer le droit à la santé, au développement et à un environnement sain, rappelle le site tunisien Business News. Treize militants étaient poursuivis dans ce dossier. En février 2026, la Ligue tunisienne des droits de l'homme avait dénoncé des condamnations prononcées par contumace — douze militants à un an de prison, un treizième à huit mois — et dénoncé une criminalisation des mobilisations environnementales.

Arrêtés puis libérés, les militants pensaient l'affaire classée. Ils ont découvert ensuite qu'ils avaient été jugés en leur absence, ce qui a ouvert un nouveau procès, selon Africanews. Kheireddine Debia, membre de Stop Pollution, figure parmi les jeunes de Gabès visés par la décision, d'après Business News, qui ne publie pas la liste complète des noms.

Une ville qui respire le phosphate

Des chercheurs ont signalé que certains déchets industriels et certaines émissions de l'usine contiendraient des substances radioactives, susceptibles de présenter de graves risques sanitaires, indique Africanews. En février 2026, un tribunal avait déjà rejeté une demande en référé visant à suspendre les unités polluantes. Stop Pollution dénonce aujourd'hui la multiplication des fuites industrielles et la remise en service d'installations vétustes.

Le calendrier n'a échappé à personne sur place : le verdict est tombé un an jour pour jour après la grève générale du 21 octobre 2025 à Gabès, qui réclamait le démantèlement des unités les plus polluantes.

Le phosphate, priorité d'État

La Tunisie prévoit de multiplier par plus de quatre sa production de phosphate d'ici 2030, un secteur que le président Kaïs Saïed juge vital pour l'économie, selon Africanews. C'est tout l'enjeu de ce dossier : quand une ressource stratégique devient une priorité nationale, les habitants qui en paient le prix sanitaire ont-ils encore le droit de protester ?

Stop Pollution annonce de nouvelles actions, dont la date n'a pas été communiquée. Les condamnés disposent des voies de recours prévues par la loi tunisienne.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.