Niger : la vente d'essence interdite de 21 h à 6 h, dans un pays qui pompe 90 000 barils par jour

Le gouvernement du Niger a interdit aux stations-service de vendre du carburant entre 21 heures et 6 heures du matin sur tout le territoire, sauf dans quelques stations désignées, pour tenter de reprendre la main sur une pénurie d'essence qui dure depuis des semaines. La mesure, présentée comme temporaire, a été rapportée par Africanews le 25 octobre 2026 : la nuit doit servir à réapprovisionner les cuves. La vente en bidons hors des stations est aussi interdite partout où une station existe.
Un pays pétrolier qui manque d'essence
Le plus lu du momentGabon : les réseaux sociaux rouvrent après huit mois de blocage, mais il faudra montrer sa pièce d'identité →Le Niger extrait du brut depuis 2011 et produit environ 90 000 barils par jour dans la zone d'Agadem, au nord-est. Mais il ne compte qu'une raffinerie en activité, celle de Zinder, d'une capacité installée de 20 000 barils par jour, selon le ministère de l'Énergie cité par l'AFP.
L'écart est frappant : elle sort 1,6 million de litres par jour quand la consommation nationale peut atteindre 3 millions, avait expliqué le 6 octobre 2026 le directeur général d'alors de la Société nigérienne de produits pétroliers (Sonidep). Sur les huit premiers mois de 2026, le déficit atteint 196,62 millions de litres d'essence super. Un arrêté du 12 octobre 2026 a interdit les exportations, après l'arrêt des livraisons vers le Tchad, le Burkina Faso et le Mali en mars-avril.
Des nuits entières dans la file
À Niamey, deux millions d'habitants, la pénurie s'est installée à la mi-octobre après la publication d'une liste officielle des stations encore approvisionnées : elles ont été prises d'assaut. Aïcha, habitante du quartier de la Poudrière, raconte à l'AFP avoir patienté de 21 heures à 3 heures du matin avant d'être servie. Ailleurs, la police limiterait les achats à deux litres pour les motos et dix litres pour les voitures, notamment à Zinder et à Maradi. Ganda Sanda, du syndicat de taxis Synctaxi, demande un assouplissement pour les professionnels.
Une crise de gouvernance autant que d'énergie
Le 9 octobre 2026, le général Abdourahamane Tiani, au pouvoir depuis juillet 2023, a limogé par décret le directeur général de la Sonidep, sans motif public. Sa remplaçante, Fatimata Marafa Salifou, a résumé l'incompréhension : « on dit que le Niger a le pétrole mais nous continuons de souffrir », a-t-elle déclaré, selon l'AFP.
La Sonidep, qui détient le monopole de la distribution, doit désormais importer. Le recul de la contrebande nigériane, plus chère depuis la fin des subventions au Nigeria et qui pesait jusqu'à la moitié du marché nigérien, a privé le pays d'un amortisseur massif. Une hausse des prix à la pompe reste écartée : dans un pays de 28 millions d'habitants, elle serait politiquement explosive.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


