Soudan : 8 millions d'enfants hors de l'école, et des maîtres qui n'ont plus de quoi payer le bus

Huit millions des dix-sept millions d'enfants d'âge scolaire du Soudan ne sont pas scolarisés, selon l'UNICEF, cité par Al Jazeera le 27 octobre 2026. Au Darfour, environ 80 % des écoles restent fermées et 70 % des enfants ne vont pas en classe. Save the Children estime que les élèves soudanais ont perdu en moyenne 484 jours de cours depuis le début de la guerre, le 15 avril 2023.
Le chiffre ne dit pas encore le plus grave : près de la moitié des bâtiments scolaires du pays ne servent plus de salles de classe, abîmés par les combats ou transformés en abris pour déplacés, comme cette école de Port-Soudan. En septembre 2026, une attaque de drone sur deux entrepôts du Kordofan du Nord a détruit plus de 330 000 manuels et supports pédagogiques. Les Forces de soutien rapide (RSF) sont accusées de viser des établissements scolaires et universitaires ; l'accusation est rapportée, non établie.
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Abkar Mohammed a neuf ans. Arrivé de Khartoum avec sa mère et ses trois frères et sœurs, il cire des chaussures dans la rue pour l'équivalent d'un dollar par jour, et suit des cours coraniques dans un khalwa. Mahmoud al-Ghali, seize ans, n'est pas retourné en classe depuis ses treize ans : déplacé plusieurs fois, il vend bonbons et chips depuis trois ans pour moins de trois dollars de bénéfice quotidien. Ses deux petits frères ont pu, eux, reprendre les cours dans leur village du Gezira après la reprise de la zone par l'armée. Saliha Omer, qui vend du thé, n'a pas eu les moyens d'inscrire son fils de onze ans ; il travaille dans une épicerie.
Les enseignants décrochent aussi
Le Comité des enseignants soudanais met en garde contre l'effondrement de l'école publique, rapporte le site Dabanga, repris par AllAfrica le 28 octobre 2026. Des maîtres ne peuvent plus se rendre dans leur établissement faute de pouvoir payer le transport. Leur absence, souligne le comité, ne tient pas seulement à la grève en cours : elle traduit la chute de leurs conditions de vie, entre salaires bas et coût de la vie en hausse. La baisse des effectifs frappe d'abord les écoles des quartiers pauvres et des zones périphériques.
Ce que coûte une génération sans classe
Sulaima Ishag, du Conseil consultatif gouvernemental pour les femmes et les enfants, alerte sur ce qui guette les filles sorties du système : mariages précoces, grossesses adolescentes, violences sexuelles. La psychologue Hanaa Mohamed décrit chez les enfants une peur constante, des troubles du sommeil et des difficultés de concentration. Environ 60 % des Soudanais vivraient aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, et l'économie du pays aurait reculé de trente ans.
La guerre se jugera aussi là : un pays peut reconstruire un pont en deux ans, pas une classe d'âge. La demande portée par l'UNICEF d'examens nationaux unifiés pour tous les enfants soudanais, où qu'ils se trouvent, est l'une des rares mesures qui ne dépende pas d'un cessez-le-feu.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


