31 octobre 2014 : le jour où la rue burkinabè a fait tomber Blaise Compaoré après 27 ans

Story Africa·31 octobre 2026·2 min de lecture
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31 octobre 2014 : le jour où la rue burkinabè a fait tomber Blaise Compaoré après 27 ans
Photo : Rik Schuiling / TropCrop-TCS · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Le 31 octobre 2014, à Ouagadougou, Blaise Compaoré annonce qu'il quitte la présidence du Burkina Faso après vingt-sept ans au pouvoir, puis part pour la Côte d'Ivoire. Deux journées d'insurrection populaire venaient de faire tomber un régime installé depuis 1987. Depuis, le 31 octobre est un jour férié dans le pays, rappelle Wakat Séra.

Un article de la Constitution de trop

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Tout part de l'article 37 de la Constitution. Une révision adoptée en 2000 limite le chef de l'État à deux mandats de cinq ans, mais sans effet rétroactif : Compaoré est réélu en 2005 puis en 2010, selon Wikipédia. En octobre 2014, son camp veut faire sauter ce verrou pour lui ouvrir un cinquième mandat ; le texte doit être débattu le 30 octobre.

Depuis des mois, partis d'opposition, syndicats et société civile manifestent, dont Le Balai citoyen des musiciens Smockey et Sams'K Le Jah. Les 28 et 29 octobre, les marches rassemblent plusieurs centaines de milliers de personnes.

Trente heures qui renversent un régime

Le 30 octobre, les manifestants forcent les cordons de police, incendient le siège du parti au pouvoir et la mairie, puis envahissent l'Assemblée nationale, que les députés quittent précipitamment et qui brûle en partie. Le projet est retiré dans la journée. Le chef d'état-major, le général Honoré Nabéré Traoré, décrète un couvre-feu et la dissolution de l'Assemblée. Des tirs de la garde présidentielle tuent au moins trois civils.

Les bilans divergent : une enquête commandée par les autorités de la transition conclut à 24 morts et 625 blessés, chiffre repris par Wikipédia et Wakat Séra, quand l'opposition parlait d'une trentaine de morts. Compaoré, exfiltré par hélicoptère, est accueilli à Yamoussoukro par Alassane Ouattara.

Une victoire du peuple, un pouvoir repris par l'armée

Aussitôt, l'armée s'avance : le général Traoré se proclame chef de l'État par intérim, avant d'être supplanté le 1er novembre par le lieutenant-colonel Isaac Zida, de la garde présidentielle. Le 3 novembre, l'Union africaine donne deux semaines pour rendre le pouvoir aux civils ; la CEDEAO prévient qu'elle ne reconnaîtra aucune prise de pouvoir anticonstitutionnelle. Le diplomate Michel Kafando devient président de transition à la mi-novembre 2014.

Douze ans plus tard, le bilan se lit en deux colonnes. Au crédit de 2014 : une réforme qui rend intouchable la durée du mandat et la condamnation par contumace de Compaoré à la perpétuité en avril 2022 dans le dossier Thomas Sankara, rappelle Sidwaya. Au débit : corruption et népotisme « toujours d'actualité » selon le même quotidien, trois putschs et plusieurs attentats depuis, d'après RFI. Pour Sidwaya, « son principal héritage reste l'éveil citoyen ».

À retenir

Le 31 octobre 2014, des Burkinabè désarmés ont fait reculer un pouvoir de vingt-sept ans en refusant qu'on réécrive la Constitution pour le prolonger. Douze ans après : la rue peut renverser un régime, mais ce sont les institutions qui décident de la suite.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.