Lalibela, les onze églises que l'Éthiopie a creusées dans la roche

Story Africa·23 octobre 2026·3 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram
Lalibela, les onze églises que l'Éthiopie a creusées dans la roche
Photo : Bernard Gagnon · CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

À environ 2 500 mètres d'altitude, dans les montagnes du nord de l'Éthiopie, se cache l'un des lieux les plus extraordinaires du continent : onze églises médiévales creusées dans la roche, toujours utilisées pour la prière. Voici l'histoire de Lalibela, telle que la racontent l'UNESCO et les historiens.

Un roi nommé par les abeilles

Le plus lu du momentGabon : les réseaux sociaux rouvrent après huit mois de blocage, mais il faudra montrer sa pièce d'identité →

La ville porte le nom du roi qui l'a rendue célèbre : Gebre Meskel Lalibela, de la dynastie Zagwe, qui régna de 1181 à 1221 environ. Selon le récit de sa vie, un essaim d'abeilles entoura l'enfant à sa naissance. Sa mère y vit le signe d'un grand destin et l'appela Lalibela, ce qui signifierait en ancien agaw « les abeilles reconnaissent sa souveraineté ». La ville, autrefois appelée Roha, prit ensuite son nom.

Une « nouvelle Jérusalem »

Selon l'UNESCO, le roi Lalibela entreprit de bâtir une « nouvelle Jérusalem » quand les pèlerinages vers la Terre sainte devinrent impossibles. Le plan de la ville reprend des lieux bibliques : un cours d'eau y porte le nom de Jourdain, et les églises se répartissent en deux groupes, de part et d'autre de ce « fleuve ». La tradition locale, elle, raconte que le roi aurait creusé ces églises avec l'aide des anges.

Les historiens nuancent : la construction s'est sans doute étalée sur plusieurs phases, et certains spécialistes, comme l'archéologue David Phillipson, pensent qu'une partie des édifices est plus ancienne et a été transformée ensuite.

Des églises creusées de haut en bas

Ce qui rend Lalibela unique, c'est la méthode. Les églises n'ont pas été bâties pierre par pierre : elles ont été dégagées de la roche en blocs monolithiques, puis évidées pour y tailler portes, fenêtres, colonnes, étages et toits. Un vaste réseau de fossés, de tranchées et de passages processionnels relie le tout, avec parfois des ouvertures vers des grottes d'ermites, décrit l'UNESCO.

Biete Medhane Alem, « la maison du Sauveur du monde », avec ses cinq nefs, est considérée comme la plus vaste église monolithique au monde. Biete Ghiorgis, « la maison de saint Georges », taillée dans un tuf volcanique, dessine une croix vue du ciel ; on y accède par un étroit canyon creusé par l'homme, qui devient un tunnel près de l'église.

« On m'accusera de mentir »

Dans les années 1520, le prêtre portugais Francisco Álvares visite Lalibela à deux reprises. Dans son récit, il écrit qu'il renonce à en dire davantage, de peur qu'on l'accuse de mentir, et jure devant Dieu que tout ce qu'il a décrit est vrai.

Un lieu vivant

Lalibela n'est pas un musée. C'est, selon l'UNESCO, un haut lieu du christianisme éthiopien, lieu de pèlerinage depuis le XIIe siècle. Lors des grandes fêtes, comme Genna, le Noël éthiopien célébré le 7 janvier, et Timkat, le 19 janvier, les offices s'accompagnent de processions de plusieurs jours, de musique et de rituels. Près des églises, le village conserve des maisons rondes à étage en pierre rouge, les « tukuls » du Lasta.

En 1978, les églises creusées de Lalibela sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'année de la toute première liste.

Notre regard

On parle volontiers des cathédrales gothiques ou des temples d'Angkor. Lalibela mérite la même place dans nos têtes : un chef-d'œuvre d'ingénierie et de foi, conçu et réalisé en Afrique il y a huit siècles. Connaître ces lieux, c'est aussi changer le regard que l'on porte sur l'histoire du continent.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.