Liberia : la Suisse rend définitive la condamnation d'Alieu Kosiah à 20 ans de prison

Story Africa·1 novembre 2026·2 min de lecture
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Le Tribunal fédéral suisse a confirmé la peine de 20 ans de prison prononcée contre l'ancien commandant rebelle libérien Alieu Kosiah, dans un arrêt daté du 28 septembre 2026 et rendu public le 30 octobre 2026. La même décision l'acquitte en revanche du chef de crimes contre l'humanité, rapporte Al Jazeera, qui cite le communiqué de la juridiction.

Pour l'ONG suisse Civitas Maxima, qui représente les victimes, cet arrêt rend définitive la première condamnation pour crimes de guerre jamais prononcée par une juridiction civile suisse, et la première condamnation au monde d'un Libérien pour des crimes commis pendant les guerres civiles de son pays.

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Kosiah, aujourd'hui âgé de 51 ans, commandait le United Liberation Movement of Liberia for Democracy (ULIMO). Installé en Suisse à la fin des années 1990, il y a été arrêté en 2014, puis condamné en 2021 par le Tribunal pénal fédéral. Selon ce jugement, il a ordonné ou participé au meurtre de 17 civils et de deux soldats désarmés, à un viol et à l'emploi d'un enfant soldat, et ordonné des pillages.

Pourquoi l'acquittement sur les crimes contre l'humanité

En 2023, la chambre d'appel avait maintenu les 20 ans et ajouté, pour la première fois dans l'histoire suisse, une condamnation pour crimes contre l'humanité. Le Tribunal fédéral l'a écartée au nom d'une application stricte de la non-rétroactivité : cette infraction n'a été introduite en droit suisse qu'en 2011, et ne peut donc pas s'appliquer à des faits commis entre 1993 et 1995, pendant la première guerre civile libérienne.

La distinction n'est pas technique pour les familles : les crimes contre l'humanité visent des atrocités commises de manière généralisée ou systématique, et non des faits isolés. Alain Werner, directeur de Civitas Maxima, a salué une « justice définitive » pour les survivants, tout en se disant « profondément déçu » par l'acquittement, dans des propos cités par Al Jazeera : ce qui s'est passé dans le comté de Lofa entre 1993 et 1995 correspond selon lui à la définition même du crime contre l'humanité.

Une justice rendue en Europe, trente ans après

Ce procès a été possible parce que la Suisse reconnaît la compétence universelle, qui permet de juger des personnes soupçonnées de crimes internationaux quel que soit le lieu des faits. Les guerres civiles libériennes ont fait environ 250 000 morts entre 1989 et 2003.

Reste une question que cet arrêt pose plus qu'il ne la résout : trente ans après les faits, c'est une juridiction européenne qui a dit le droit pour des victimes libériennes. Selon Civitas Maxima, aucun autre tribunal au monde n'avait encore condamné un Libérien pour ces guerres. La mémoire et la réparation de ces crimes restent, pour l'essentiel, un chantier ouvert.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.