Mo Ibrahim dénonce « la montée des hommes forts » : 23 pays africains en recul de gouvernance

La Fondation Mo Ibrahim a publié le 31 octobre 2026 son indice de la gouvernance africaine (IIAG) : dix ans d'évolution dans 54 pays. L'Afrique y gagne sur l'économie et le développement humain, mais perd sur la sécurité, les droits et la participation. Le score continental atteint 50,1 points sur 100 en 2025, contre 49,3 en 2016 : 0,8 point gagné en une décennie.
Derrière cette quasi-stagnation, deux mouvements contraires : trente pays gouvernent mieux qu'en 2016, vingt-trois se sont dégradés, un est inchangé. Les pays en recul étant les plus peuplés, un peu plus d'un Africain sur deux vit dans un pays qui a décliné, dont le Nigeria, la RDC et l'Afrique du Sud.
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Les « fondations de l'opportunité économique » progressent le plus (51,1 points, +3,7), tirées par les infrastructures (+7,7), la téléphonie mobile (74,2, +16,8) et internet (33,4, +10,2). Le développement humain reste la catégorie la mieux notée (53,2, +2,5). L'égalité des femmes est l'une des deux sous-catégories les plus améliorées (+4,9) : les lois contre les violences faites aux femmes gagnent 14,8 points.
À l'inverse, la sécurité et l'État de droit tombent à 47,8 points (-1,7), en baisse continue depuis 2018, et la participation, les droits et l'inclusion à 48,5 (-1,0). Les chutes les plus nettes touchent la vie publique : espace de la société civile (46,7, -8,5), liberté d'expression (55,1, -7,2) et liberté des médias (51,4, -5,7).
Les coups d'État pèsent lourd : sur dix pays qui en ont connu au moins un, huit se dégradent. Le Burkina Faso enregistre la plus forte baisse (-6,9), devant le Nigeria (-5,2), le Soudan (-3,2) et la Tunisie (-3,0). En tête du classement 2025 : les Seychelles (78,6 points), Maurice (75,0) et le Cap-Vert (70,3).
Interrogé par l'AFP, Mo Ibrahim, homme d'affaires soudano-britannique de 80 ans, relie ce recul des libertés à un climat mondial : « nous voyons ce phénomène de la montée des hommes forts partout ». Il a cité les élections de l'année écoulée en Tanzanie, où les forces de sécurité sont accusées d'avoir tué des manifestants, et en Ouganda, où l'opposant Bobi Wine a été agressé : « tout simplement honteux ». Il juge « brutale » la fermeture de l'USAID par Washington et appelle le continent à « compter davantage sur nous-mêmes ».
Reste la donnée qui commande tout : 60 % des Africains ont moins de 25 ans et, en 2050, un jeune sur trois dans le monde sera africain. Une génération « bien mieux informée, bien mieux éduquée » que la précédente, selon Mo Ibrahim, qui concède pour la sienne : « nous avons gâché certaines occasions ».
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


