Tunisie : le journaliste Zied El-Heni condamné à quatre ans de prison pour terrorisme

Le journaliste tunisien Zied El-Heni a été condamné à quatre ans de prison le mardi 27 octobre 2026, au terme d'une procédure menée sous la loi antiterroriste et de lutte contre le blanchiment d'argent. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) réclame sa libération immédiate et l'annulation de sa condamnation, qu'il estime liée à son travail de journaliste et à son refus de révéler ses sources confidentielles.
La condamnation a été prononcée dans l'affaire dite des fuites audio, qui implique l'homme politique Mondher Lounissi, selon un communiqué du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) cité par le CPJ. Le tribunal a retenu plusieurs chefs relevant de la sûreté de l'État : constitution d'une organisation terroriste, divulgation de secrets au profit d'une organisation terroriste, non-dénonciation d'une infraction terroriste, et communication avec des agents d'un État étranger pour nuire aux intérêts nationaux de la Tunisie.
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L'origine de l'affaire tient à son métier. Zied El-Heni avait d'abord été entendu comme témoin au sujet d'enregistrements audio qu'il cherchait à vérifier pour son émission de radio « Émission Impossible ». Interrogé sur ses relations avec ses sources, il a vu son statut basculer de témoin à prévenu.
Le SNJT conteste aussi le déroulé de l'audience. Selon le syndicat, le journaliste a suivi la séance du 27 octobre à distance depuis sa cellule, une comparution en personne lui ayant été refusée, et le verdict a été rendu sans que ses avocats puissent plaider. Le syndicat y voit une atteinte au droit à la défense et aux garanties d'un procès équitable.
« An outrageous escalation in Tunisia's assault on the press », a réagi la directrice régionale du CPJ, Sara Qudah, qui appelle les autorités à cesser d'utiliser les lois antiterroristes et la justice pour criminaliser le journalisme. Le CPJ indique que son courriel adressé aux autorités tunisiennes pour obtenir un commentaire est resté sans réponse.
Cinq journalistes derrière les barreaux
Zied El-Heni purge déjà une peine d'un an de prison prononcée au titre de l'article 86 du Code des télécommunications, pour une publication sur les réseaux sociaux en avril. Une troisième procédure, distincte, porte sur son ancien mandat au conseil municipal de Carthage.
Il est l'un des cinq journalistes actuellement emprisonnés en Tunisie, avec Mohamed Yousfi, Mourad Zghidi, Borhen Bsaies et Hajer Awadi, selon le décompte du CPJ. Au moins six autres ont été condamnés à des peines de prison mais demeurent libres ou à l'étranger, et restent donc exposés à une incarcération.
Pour un continent où la presse indépendante paie souvent le prix de son travail, le dossier tunisien pose une question simple : lorsqu'un journaliste est jugé sous une loi écrite pour combattre le terrorisme, c'est le droit du public à l'information qui se trouve sur le banc des accusés. Défendre les droits des Africains, c'est aussi les défendre face à leurs propres pouvoirs.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


