Zambie : une première raffinerie d'or à Lusaka, et une promesse de 1,8 milliard de dollars à vérifier

La société Minera Refineries Zambia Limited a présenté la première raffinerie d'or installée en Zambie, lors du salon Mining and Investment Insaka tenu à Lusaka du 20 au 25 octobre 2026. L'usine traite le métal jusqu'à environ 99 % de pureté, avec des équipements et un laboratoire que l'entreprise dit capables d'atteindre 99,99 %.
L'annonce touche un nerf du continent : transformer chez soi plutôt qu'exporter brut. Selon l'analyse publiée par Discovery Alert, l'or ne représentait en 2024 qu'environ 2 % des exportations de marchandises du pays (262 millions de dollars), contre 66 % pour le cuivre (7,5 milliards).
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L'entreprise met en avant un potentiel de plus de 1,8 milliard de dollars. Il s'agit d'une projection liée à la formalisation de l'orpaillage artisanal, et non d'un chiffre d'affaires constaté ni d'une valorisation de l'usine. La production officielle reste modeste : 2 237 kg en 2023 et 3 141,81 kg en 2024, selon l'Agence Ecofin citant le ministère des Mines, très loin de l'objectif de 18 000 kg que la stratégie zambienne de diversification des exportations visait pour 2025.
L'écart avec les Émirats
Le sujet de fond est ailleurs : en 2023, les Émirats arabes unis ont déclaré avoir importé 29,1 tonnes d'or zambien, pour 1,79 milliard de dollars, quand la Zambie n'en enregistrait que 2,24 tonnes. L'Agence Ecofin, citée dans la même analyse, prévient que les deux séries de données ne couvrent pas forcément le même périmètre : l'écart ne prouve pas à lui seul une production illégale, mais il dit l'ampleur de ce qui échappe aux comptes publics.
C'est précisément ce que la raffinerie dit vouloir capter. Son directeur général, Andrew Mukupa Katandula, a présenté un programme sur deux ans articulé autour de la formalisation des orpailleurs, du préfinancement de leur production et d'une meilleure traçabilité. Le mouvement est déjà engagé côté État : le nombre de permis miniers artisanaux est passé de 680 en 2024 à 1 068 en 2025, et le ministre des Mines Paul Kabuswe affirme que 1 201 licences liées à l'or ont été délivrées depuis 2023.
Plusieurs inconnues restent entières. L'actionnariat, la capacité réelle de traitement, le coût de l'installation, les contrats d'approvisionnement et une éventuelle accréditation auprès de la LBMA n'ont pas été rendus publics. La Banque de Zambie, qui avait acheté 3 051,3 kg d'or pour 396,3 millions de dollars à fin septembre 2025, puise en partie dans le même minerai artisanal.
La question qui tranchera n'est donc pas la pureté affichée, mais le tonnage que l'usine raffinera vraiment, et la part des orpailleurs qui choisiront le circuit légal plutôt que la frontière.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


