21 octobre 1964 : au Soudan, dix jours de grève générale renversent le général Abboud

Le 21 octobre 1964, la police soudanaise ouvre le feu sur une réunion d'étudiants dans l'enceinte de l'université de Khartoum. L'étudiant Ahmad al-Qurashi est tué. Neuf jours plus tard, le régime militaire du général Ibrahim Abboud, au pouvoir depuis 1958, avait cédé la place à un gouvernement civil. Renversé non par un putsch, mais par une grève générale.
Tout part d'un débat interdit. Le régime avait toléré que l'université discute du « problème du Sud », l'affrontement entre le nord arabophone et musulman et le sud chrétien et animiste, avant de bannir ces réunions et d'imposer un couvre-feu. Les étudiants sont passés outre.
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Le 22 octobre 1964, les funérailles d'al-Qurashi rassemblent plus de 30 000 personnes et tournent à la marche antigouvernementale, conduite par les enseignants de l'université, selon la Global Nonviolent Action Database (Swarthmore College). Les professeurs démissionnent en bloc ; le 24 octobre, les cortèges gagnent Omdourman, Port-Soudan et Juba.
Ce sont ensuite les professions intellectuelles qui font basculer le pays. Médecins, avocats, juges, ingénieurs et enseignants forment un Front national des professionnels, qui fusionne le 25 octobre avec le front des partis. La grève paralyse l'administration, les communications et les commerces. Des officiers subalternes refusent de tirer et s'interposent entre l'armée et les manifestants. Abboud dissout le Conseil suprême des forces armées et son conseil des ministres.
Quatre ans de démocratie, puis le retour des militaires
Le 30 octobre 1964, un gouvernement de transition se forme autour de Sirr al-Khatim al-Khalifa, haut fonctionnaire de l'éducation qui avait passé dix ans dans le sud du pays. Sur quinze portefeuilles, huit reviennent au Front des professionnels, cinq aux partis et deux à des Sudistes sans étiquette, d'après l'étude pays de la Library of Congress ; Clement Mboro devient le premier Sud-Soudanais ministre de l'Intérieur. Abboud, resté chef de l'État, démissionne le 15 novembre 1964.
La transition accorde aussi le droit de vote aux femmes et, aux élections de 1965, Fatima Ahmed Ibrahim devient la première femme élue au Parlement soudanais, rappelle l'historien W. J. Berridge.
La victoire reste inachevée. Le scrutin ne peut pas se tenir dans le Sud, où l'insécurité règne, et cette révolution urbaine et nordiste laisse de côté les périphéries. En 1969, le coup d'État de Jaafar Nimeiry emporte la démocratie parlementaire : Nimeiry était pourtant l'un des officiers qui avaient refusé de tirer en 1964. Le bilan humain reste discuté : la base de Swarthmore ne documente qu'un mort, quand la Library of Congress évoque « de nombreux morts ».
À retenir
Le 21 octobre 1964, des étudiants, des médecins, des avocats et des syndicalistes soudanais ont renversé une dictature militaire par la grève, sans prendre les armes. Le Soudan en refera la démonstration en avril 1985 en chassant Nimeiry.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.
Sources
- 50 years on: Remembering Sudan's October Revolution – W.J. Berridge, African Arguments
- Sudanese bring down dictator Abbud (October Revolution), 1964 – Global Nonviolent Action Database, Swarthmore College
- Sudan – The October 1964 Revolution, Library of Congress Country Studies
- Sirr Al-Khatim Al-Khalifa


