Malawi : 27 kilomètres à pied à l'aube pour nourrir dix bêtes une seule journée

Story Africa·2 novembre 2026·3 min de lecture
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Malawi : 27 kilomètres à pied à l'aube pour nourrir dix bêtes une seule journée
Photo : Photo: ILRI/Stevie Mann · CC BY 2.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

À Mulanje, dans le sud du Malawi, Lawrence Abison, 25 ans, et trois amis sont partis de Nsanjama avant le lever du jour pour marcher 27 kilomètres jusqu'à la rivière Likhubula. Après deux heures de coupe, ils avaient rassemblé assez d'herbe pour nourrir dix bovins pendant une seule journée, avant un retour d'une heure et demie chargés de bottes. Le reportage est signé Charles Pensulo et a été publié par Al Jazeera le 1er novembre 2026.

« Même ici, l'herbe ne suffit pas »

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« C'est très difficile de trouver de l'herbe ces jours-ci », explique Abison au média qatari, qui ajoute : « même ici, l'herbe ne suffit pas pour une semaine ». À Chitakale, des dizaines d'hommes attendent avec leurs bottes. Auparavant, raconte le reportage, les ramasseurs ne descendaient à la rivière qu'après le mois d'octobre ; cette année, ils y vont depuis des mois et toujours plus loin.

Celui qui les envoie s'appelle Macdonald Khandalawo. Âgé de 54 ans, installé à Nsanjama depuis 2014, il possède dix bovins et occupe le poste de trésorier du New Thuchira Milk Bulking Group, une coopérative qui réunit jusqu'à 400 agriculteurs, collecte leur lait et le vend à des transformateurs. Un mois normal lui rapportait plus d'un million de kwachas, soit environ 577 dollars selon Al Jazeera. Sa production a baissé : les bêtes mangent moins et le fourrage arrive plus tard. Il met en cause « le changement du climat » mais aussi les cultures installées jusque sur les berges, qui assèchent les cours d'eau.

Les pluies ne viennent plus comme avant

Batson Kweluza, 57 ans, habite Supuni Village, près de la même rivière descendue du massif du mont Mulanje, qui culmine à 3 002 mètres. Il se souvient d'un couvert forestier si dense qu'« il faisait toujours sombre même en plein jour ». Aujourd'hui, dit-il, « même les pluies ne viennent plus comme avant ». Al Jazeera rattache ce dérèglement à El Niño, qui a perturbé les régimes de pluies en Afrique australe ; le service malawien du changement climatique et de la météorologie avait averti, dès la saison 2023-2024, de précipitations inférieures à la normale et de longues séquences sèches, les régions du sud étant les plus exposées.

Le prix humain de la sécheresse

La facture se paie en gestes quotidiens. À Nkando, Alefa Saulo, 25 ans, engraisse des taureaux qu'elle vend au bout d'un an environ ; ses trois vaches maigrissent. Elle rémunère deux garçons à près de 50 000 kwachas chacun, environ 29 dollars, mais ils ne sont pas venus depuis deux jours, malades. « Les animaux ont faim et je ne peux pas les nourrir », confie-t-elle. Le son de maïs, complément habituel de l'herbe, est devenu rare et cher, les récoltes de maïs ayant reculé. Certains conservent les tiges après la moisson, d'autres récupèrent les restes de pois et de riz.

Khandalawo, lui, ne sait pas combien de temps il pourra garder son troupeau. Saulo attend les pluies pour que l'herbe repousse. Dans les deux cas, l'élevage familial tient désormais à la distance que des hommes acceptent de marcher avant l'aube.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.