Shakahola : le Kenya juge Paul Mackenzie et une trentaine de coaccusés pour la mort de 191 enfants

Story Africa·19 octobre 2026·3 min de lecture
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La Haute Cour de Mombasa, au Kenya, devait rendre ce lundi 19 octobre 2026 son jugement dans le procès du prédicateur Paul Nthenge Mackenzie et d'une trentaine de coaccusés, poursuivis pour le meurtre de 191 enfants dont les corps ont été exhumés de fosses peu profondes dans la forêt de Shakahola, comté de Kilifi. L'audience était fixée à 9 h 30, heure locale, devant la juge Diana Kavedza, selon Capital FM. Au moment de la publication, le contenu de la décision n'était pas connu.

Tous les accusés contestent les faits. Leur nombre varie selon les sources : trente coaccusés selon Capital FM et RFI, vingt-neuf selon allAfrica. Mackenzie, fondateur de la Good News International Church, répond aussi, dans des procédures distinctes, d'homicide involontaire et de terrorisme, rappelle RFI. En février 2026, il a été inculpé pour 52 corps retrouvés dans un village voisin, selon Al Jazeera.

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Trois ans après, des familles sans sépulture

L'affaire éclate en mars 2023, quand un homme signale que des proches partis rejoindre une nouvelle église ne rentrent plus. Les fouilles près de Malindi mettent au jour des centaines de tombes. Une commission sénatoriale recensait 428 corps exhumés en octobre 2023 ; le total atteint aujourd'hui 446, selon RFI.

Le plus lourd est ailleurs : sur 443 corps et fragments conservés à la morgue de Malindi, 34 seulement ont été identifiés par ADN. Alice Mwajuma Deche, 66 ans, a enterré en mai 2026 une parente identifiée plus de trois ans après sa disparition ; elle a perdu deux enfants et dix petits-enfants, et cherche encore onze membres de sa famille. Francis Wanje, dont le petit-fils de huit ans fut le premier survivant extrait de la forêt, a perdu huit proches et n'en a enterré que quatre.

Peter Mwarogo, responsable de la santé du comté de Kilifi, explique que des familles renoncent à réclamer les corps par peur de la stigmatisation. Les dépouilles non réclamées doivent être inhumées près de Shakahola d'ici décembre, dans des tombes permettant une identification ultérieure.

L'État mis en cause

La Commission kényane des droits de l'homme avait documenté 448 décès et plus de 600 disparus dans son rapport « Mashaka ya Shakahola » de mars 2024, selon Capital FM. L'ombudsman kényan a relevé la négligence de fonctionnaires qui ont ignoré des alertes entre 2021 et 2023, juge ces morts évitables et recommande des sanctions contre six responsables, rapporte RFI.

La régulation des Églises patine : un rapport remis en juillet 2024 au président William Ruto recommandait une loi spécifique et le réenregistrement de toutes les institutions religieuses, mais le projet de loi, approuvé en conseil des ministres en juillet 2025, est bloqué après l'opposition d'une partie du clergé.

Le 15 avril 2026, la juge avait estimé que l'accusation avait établi une présomption suffisante et appelé les accusés à se défendre, selon la KBC. Le parquet a cité 121 témoins ; la défense soutient que le dossier repose largement sur des éléments indirects. Au-delà du verdict, c'est la capacité du Kenya à rendre leurs morts aux familles qui reste en suspens.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.