Shakahola : Paul Mackenzie reconnu coupable des 191 meurtres, la Haute Cour de Mombasa écarte la thèse du jeûne

La Haute Cour de Mombasa a reconnu le prédicateur kényan Paul Nthenge Mackenzie coupable de 191 meurtres, le 19 octobre 2026. Les victimes retenues par le tribunal sont 190 enfants et un adulte, morts dans la forêt de Shakahola, dans le comté de Kilifi, sur la côte kényane, rapporte Citizen Digital. Le verdict tombe trois ans après la découverte des premières fosses.
La juge Diana Kavedza Mochache a lu son jugement de 9 h 30 à 18 h 29, selon The Eastleigh Voice. Elle a estimé que Mackenzie avait ordonné à ses fidèles de se laisser mourir de faim, et de laisser mourir leurs enfants, et que plusieurs de ses coaccusés avaient appliqué ces ordres. Le nombre de personnes condamnées à ses côtés varie selon les médias kényans : 28 selon Citizen Digital, 30 selon The Eastleigh Voice.
Le plus lu du moment« L'Afrique n'avait pas d'écriture » : faux, voici huit écritures africaines qui le prouvent →Pas un jeûne religieux, mais un système de contrôle
Le point central du jugement est le rejet de la défense. La cour a écarté l'idée que les victimes avaient volontairement jeûné jusqu'à la mort, indique The Eastleigh Voice. Les preuves examinées montrent des décès par famine, mais aussi par asphyxie, strangulation manuelle et suffocation. La juge a retenu des tortures physiques et psychologiques infligées aux victimes, enfants compris, dans une organisation hiérarchisée. Elle a jugé que ces meurtres relevaient d'une attaque plus large dirigée contre la population civile de Shakahola.
Pendant le procès, l'accusation avait décrit une « structured hierarchy of death » : les enfants d'abord, puis les adolescents, les femmes et enfin les hommes, selon Citizen Digital. Plus de 120 témoins ont été entendus. Mackenzie, qui avait plaidé non coupable des 191 chefs de meurtre en 2024, doit encore répondre de poursuites distinctes pour homicide involontaire et pour terrorisme, qu'il contestait également. La peine est attendue le 6 novembre 2026, précise Citizen Digital.
Plus de 400 corps, et des victimes toujours sans nom
Le dossier jugé ne couvre qu'une partie du drame. Les faits remontent à la période 2021-2023 et les corps ont été exhumés en 2023 de tombes peu profondes près de Malindi. Plus de 400 corps ont été retrouvés dans la zone, selon Africanews, et certaines victimes n'ont jamais été identifiées. La Commission nationale kényane des droits de l'homme avançait, elle, le chiffre de 429 morts en 2024, rapporte Citizen Digital. En janvier 2026, de nouvelles poursuites ont été ouvertes après la découverte de 52 corps dans un village voisin.
Pour les familles, qui attendaient justice depuis trois ans, ce verdict est le premier rendu sur l'essentiel des faits, note Africanews. Il relance aussi un débat kényan laissé en suspens : celui du contrôle des organisations religieuses, dont aucune autorité n'avait signalé les prêches de Shakahola avant que les fosses ne soient ouvertes. Un tribunal africain a jugé, à Mombasa, un dossier parmi les plus lourds de l'histoire judiciaire du pays ; reste à savoir si l'État tirera les conséquences de sa propre absence de surveillance.
À lire aussi
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.





