2 novembre 1930 : Haïlé Sélassié couronné à Addis-Abeba, les puissances coloniales inclinées

Le 2 novembre 1930, dans la cathédrale Saint-Georges d'Addis-Abeba, Tafari Makonnen est couronné « roi des rois d'Éthiopie » sous le nom de Haïlé Sélassié Ier. Devant lui défilent les envoyés des puissances européennes qui s'étaient partagé l'Afrique sans demander l'avis des Africains. Négus — roi — depuis octobre 1928, il accède au trône impérial après la mort brutale de sa tante, l'impératrice Zaouditou, le 2 avril 1930.
Les maîtres de l'Afrique coloniale reçus chez un souverain africain
Le plus lu du momentMaroc : 400 Sénégalais inscrits pour un retour volontaire, dix bus depuis Argoub et Bir-Gandouz →Le protocole dit tout. Le duc de Gloucester, fils du roi George V, représente le Royaume-Uni ; le maréchal Franchet d'Espèrey la France ; le prince d'Udine le roi d'Italie Victor-Emmanuel III ; Washington envoie Herman Murray Jacoby, émissaire personnel du président Herbert Hoover. L'écrivain britannique Evelyn Waugh assiste à la cérémonie.
Car l'Éthiopie n'est pas un territoire comme les autres : seul État africain à avoir tenu la conquête européenne en échec. Voir les chancelleries coloniales s'incliner dans une capitale africaine, c'était voir la hiérarchie du monde s'inverser pour un jour.
De Kingston à Genève, un symbole plus grand que l'homme
L'onde de choc est mondiale. En Jamaïque, des prédicateurs — au premier rang Leonard Howell — voient dans ce couronnement l'accomplissement d'une prophétie biblique : le mouvement rastafari naît dans les années 1930, nourri de l'éthiopianisme et du retour à l'Afrique prôné par Marcus Garvey. Son nom vient du titre porté avant 1930 : Ras Tafari. Britannica note que « beaucoup, mais pas tous » les rastas voient en lui le Christ revenu ; l'intéressé, lui, se disait en 1967 « un homme » et « mortel ».
Mussolini envahit l'Éthiopie en octobre 1935 ; exilé en Angleterre en mai 1936, l'empereur lance fin juin, à la tribune de la Société des Nations, son appel resté célèbre à la sécurité collective. Rétabli en mai 1941, il fait d'Addis-Abeba le siège de l'Organisation de l'unité africaine en 1963 et la préside le premier.
Un règne que les historiens ne célèbrent pas d'un bloc
Le symbole n'est pas le bilan. Pour entrer à la Société des Nations en 1923, Haïlé Sélassié avait promis d'éradiquer l'esclavage : l'abolition ne sera décrétée qu'en 1942, alors qu'on en comptait encore environ deux millions au début des années 1930. La Constitution de 1955 réaffirme son pouvoir sans partage, et son administration est jugée « autocratique et illibérale », notamment par Human Rights Watch.
La famine du Wollo, au début des années 1970, dissimulée par des responsables, précipite sa chute ; les récits divergent sur ce que l'empereur en savait. Déposé le 12 septembre 1974 par les militaires du Derg, il est tué le 27 août 1975 au palais du Jubilé, un assassinat révélé au public en 1994.
À retenir
Le 2 novembre 1930, l'Afrique a vu les puissances coloniales s'incliner dans une cathédrale d'Addis-Abeba, et ce jour est devenu un symbole pour tout le monde noir. Quarante-quatre ans plus tard, les Éthiopiens eux-mêmes renversaient leur empereur.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


