Afrique du Sud : Thabo Mbeki nie devant la commission Khampepe avoir bloqué les poursuites des crimes de l'apartheid

L'ancien président sud-africain Thabo Mbeki a comparu le 19 octobre 2026 à Newtown, à Johannesburg, devant la commission d'enquête chargée d'établir si des responsables politiques ont empêché les poursuites contre les auteurs de crimes commis sous l'apartheid. Il a rejeté en bloc les accusations portées contre lui : elles relèvent, selon ses mots rapportés par la radio sud-africaine EWN, d'une « complete fabrication ».
Trois cents dossiers, presque aucun procès
Le plus lu du momentCEDEAO-AES : premier face-à-face ministériel à Dakar, des groupes de travail pour un accord-cadre →La commission, présidée par l'ancienne juge de la Cour constitutionnelle Sisi Khampepe, a été ordonnée en avril 2026 par le président Cyril Ramaphosa après les plaintes de survivants et de familles de victimes, qui reprochent aux gouvernements successifs leur inertie face à des meurtres et des disparitions jamais élucidés.
Le point de départ est le travail de la Commission vérité et réconciliation (CVR), ouverte en 1996 sous la présidence de l'archevêque Desmond Tutu, qui proposait l'amnistie en échange d'un aveu complet des crimes politiques. Selon un bilan provisoire du ministère de la Justice arrêté en novembre 2000, environ 7 000 demandes ont été déposées, près de 850 accordées et environ 5 400 rejetées. Près de 300 dossiers ont ensuite été transmis à la justice. Très peu ont abouti à une condamnation, rapporte Africanews : preuves disparues, témoins et suspects morts, et soupçons d'ingérence politique.
Ce que Mbeki reconnaît, ce qu'il rejette
Président de 1999 à 2008, successeur de Nelson Mandela, Thabo Mbeki admet avoir rencontré d'anciens officiers de l'armée et de la police, mais affirme que ces rencontres visaient à les convaincre de se présenter devant la CVR, non à leur garantir l'impunité. Il répondait à l'ancien directeur du parquet national (NPA) Anton Ackermann, selon lequel un avocat des généraux de l'apartheid lui aurait fait état de discussions impliquant l'armée, la police, des dirigeants de l'ANC, Thabo Mbeki et Frederik de Klerk, selon EWN.
L'ancien chef de l'État renvoie la responsabilité au NPA et demande, dans une déclaration écrite citée par Africanews, que le parquet explique pourquoi il n'a pas poursuivi ces dossiers.
Les familles réclament des comptes
La Foundation for Human Rights, qui représente 25 familles, attend des explications et des excuses ; son directeur exécutif Zaid Kimmie dénonce des années d'attente et d'obstruction, rapporte Africanews. Plusieurs enquêtes judiciaires ont été rouvertes : sur la mort d'Albert Luthuli en 1967, celle de Griffiths Mxenge en 1981 et celle de Steve Biko en 1977 aux mains de la police.
Thabo Mbeki et Jacob Zuma avaient tenté en vain de faire récuser Sisi Khampepe. L'audition de Mbeki devait se poursuivre le 20 octobre 2026, avant celle de trois anciens ministres ; celle de Jacob Zuma, prévue le 22 octobre, a été reportée.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


