AGOA : Ramaphosa prépare l'Afrique du Sud à perdre l'accès au marché américain, 125 000 emplois en jeu

Story Africa·20 octobre 2026·2 min de lecture
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Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a demandé à ses compatriotes de se préparer à perdre l'accès préférentiel de leur pays au marché américain, rapporte Africanews le 20 octobre 2026. Il a qualifié l'impact d'une telle décision de « devastating » (dévastateur), tout en appelant à ne pas céder à la panique.

Un programme américain, une décision américaine

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L'AGOA (African Growth and Opportunity Act) permet aux pays africains jugés éligibles d'exporter vers les États-Unis sans droits de douane. Le dispositif avait expiré en septembre 2025, avant d'être prolongé rétroactivement jusqu'à fin 2026, puis reconduit pour deux ans jusqu'à fin 2028 par le Congrès, selon le média sud-africain BusinessTech. Cette prolongation attend encore la signature de Donald Trump.

Mais la survie du programme ne dit rien de l'éligibilité de chaque pays : celle-ci est réexaminée chaque année par la Maison-Blanche. D'après Africanews, une exclusion de l'Afrique du Sud prendrait effet le 1er janvier et devrait être annoncée au plus tard le 2 novembre 2026.

Les chiffres de la dépendance

Les estimations du secteur automobile citées par Africanews évoquent environ 86 000 emplois directement liés à l'accord, et 125 000 en comptant les sous-traitants. Le syndicat Solidarity et des économistes cités par BusinessTech en septembre 2026 avancent un ordre de grandeur plus large, autour d'un demi-million d'emplois concernés dans l'ensemble de l'économie sud-africaine.

La dépendance se lit aussi dans les flux : l'Afrique du Sud pèse 54 % des exportations réalisées sous AGOA vers les États-Unis depuis le lancement du programme, et environ 22 % de ses propres ventes au marché américain en bénéficient, soit quelque 300 milliards de rands de biens entre 2019 et 2024, selon la même source.

Un bras de fer politique

Le contexte est tendu. Washington a annoncé des restrictions de visa visant des responsables sud-africains, en lien avec la législation sur l'autonomisation économique des Noirs (BEE), l'expropriation et la sécurité rurale, rappelle BusinessTech, et l'ambassadeur américain Leo Brent Bozell a évoqué une série de mesures d'escalade. Pretoria, de son côté, cherche de nouveaux débouchés pour amortir le choc.

Le dossier illustre une fragilité ancienne du commerce Afrique–Occident : une préférence accordée unilatéralement reste révocable unilatéralement, et des dizaines de milliers de familles africaines en dépendent. Jervin Naidoo, d'Oxford Economics, cité par BusinessTech, rappelle néanmoins que les États-Unis ont aussi intérêt à conserver l'Afrique du Sud, pour ses minerais critiques et comme contrepoids au commerce chinois.

La réponse de Washington est attendue dans les premiers jours de novembre 2026. Elle dira si l'un des accords commerciaux les plus structurants pour le continent se négocie encore, ou s'il se décide désormais sans ses bénéficiaires.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.