Burkina Faso : les députés interdisent la privatisation des entreprises publiques stratégiques

Story Africa·20 octobre 2026·2 min de lecture
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Burkina Faso : les députés interdisent la privatisation des entreprises publiques stratégiques
Photo : 總統府 · CC BY 2.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

L'Assemblée législative du peuple (ALP) du Burkina Faso a adopté, le lundi 19 octobre 2026 à Ouagadougou, un projet de loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique. Le texte interdit la privatisation, totale ou partielle, des structures publiques reconnues comme stratégiques, rapporte Burkina 24.

Ce que change le texte

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La loi fixe d'abord des critères : une entreprise ou un secteur est déclaré stratégique s'il touche à la souveraineté nationale, à la sécurité nationale ou aux équilibres sociaux et économiques du pays. Une fois ce label posé, la cession au privé devient impossible. L'État se voit par ailleurs reconnaître un droit de supervision et de contrôle sur ces entités, et la possibilité d'entrer au capital d'entreprises privées jugées stratégiques, ou d'y renforcer sa présence.

Devant les députés, le ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, Serge Poda, a expliqué que le texte « marque beaucoup plus l'importance de protéger » ces entités, publiques comme privées, au nom de l'intérêt général. Il a aussi pris soin d'écarter une lecture maximaliste : selon lui, la loi ne vise pas à reprendre systématiquement le contrôle de toutes les sociétés privatisées par le passé.

Une loi de 1993 jugée insuffisante

Le vote vient corriger un cadre vieux de plus de trente ans. La loi n° 53 de décembre 1993 recensait déjà les entreprises économiques et commerciales à caractère stratégique — une quinzaine, dans l'énergie, l'or, les télécommunications, la défense et les infrastructures aéroportuaires — mais elle n'en interdisait pas la privatisation, relève la revue de presse de l'Afrique francophone publiée par allAfrica le 20 octobre 2026. C'est précisément ce vide que la nouvelle loi entend combler.

Une décision à mettre à l'épreuve

La mesure s'inscrit dans le tournant souverainiste assumé par les autorités burkinabè sur les ressources et les services publics. Elle pose une question simple et ancienne sur le continent : qui doit détenir les leviers d'une économie, l'État ou des acquéreurs extérieurs ? En interdisant la cession plutôt qu'en organisant la reprise, Ouagadougou choisit de verrouiller l'avenir sans rouvrir le passé.

Restent les inconnues. Les textes adoptés ne nomment pas, à ce stade, les entreprises concernées : la liste dépendra de l'application des critères. Et une protection juridique ne règle ni la performance des sociétés d'État, ni leur gouvernance, ni leur besoin de financement. Sur ces points, le débat burkinabè ne fait que commencer.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.