Ouganda : Robert Kabera, critique exilé de Paul Kagame suivi par 144 000 abonnés, tué près de Kampala

Story Africa·20 octobre 2026·2 min de lecture
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Le corps de Robert Kabera, ancien sergent de l'armée rwandaise réfugié en Ouganda, a été retrouvé décapité dans le village de Luwala, près de Kampala, dans le centre-sud de l'Ouganda. La police ougandaise, citée le 20 octobre 2026 par Al Jazeera, a annoncé enquêter sur le meurtre d'un homme d'une cinquantaine d'années dont la tête n'a pas été retrouvée, et estime que la mort est survenue dans la nuit du 16 au 17 octobre 2026. Des proches ont identifié le corps comme étant celui de Kabera.

Une voix devenue gênante

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Selon Al Jazeera, Robert Kabera ne critiquait pas le pouvoir lorsqu'il servait dans l'armée. C'est après son départ du Rwanda, il y a plusieurs années, qu'il est devenu un opposant déclaré au président Paul Kagame, à la tête du pays depuis 2000. Il animait une chaîne YouTube, « Major Robert TV », suivie par 144 000 abonnés, où il a notamment diffusé une chanson à la gloire de Victoire Ingabire, figure de l'opposition rwandaise emprisonnée à plusieurs reprises.

Après son exil, Kabera avait été déclaré fugitif par Kigali et visé par une procédure judiciaire qu'il a démentie. Son frère, Victor Agaba, a déclaré à l'AFP que « Robert n'avait de problème avec personne », accusant l'armée rwandaise d'avoir fabriqué le dossier et parlant d'une « chasse aux sorcières ». À ce stade, l'enquête ougandaise n'a désigné aucun suspect et aucune responsabilité n'est établie. Al Jazeera ne rapporte aucune réaction du gouvernement rwandais.

Une liste qui s'allonge

Le média qatari rappelle que les autorités rwandaises ont été accusées à plusieurs reprises d'avoir fait assassiner des opposants à l'étranger, sans que ces accusations aient abouti à des condamnations au Rwanda. En 2014, l'ancien chef des renseignements devenu dissident Patrick Karegeya avait été étranglé dans une chambre d'hôtel en Afrique du Sud. En 2021, le critique Seif Bamporiki a été tué par balles en Afrique du Sud, et l'ancien lieutenant Revocat Karemangingo abattu au Mozambique, où il était soupçonné de soutenir discrètement une force d'opposition. L'ancien général Faustin Kayumba Nyamwasa, cofondateur avec Karegeya du Rwanda National Congress et toujours en exil, a survécu à plusieurs tentatives d'assassinat.

Ce que cette mort dit de l'exil africain

L'affaire Kabera pose une question qui dépasse le Rwanda : celle de la sécurité des Africains qui critiquent leur gouvernement depuis un autre pays du continent. Pour un opposant ou un journaliste, franchir une frontière africaine ne garantit plus de pouvoir parler librement, et la responsabilité du pays d'accueil — ici l'Ouganda, où Kampala et Kigali entretiennent des relations faites d'alliances et de défiances successives — est directement engagée dans l'élucidation de ces meurtres.

Défendre les droits des peuples africains, c'est aussi exiger qu'une enquête aboutisse quand une voix dissidente est réduite au silence. Story Africa suivra les conclusions de la police ougandaise, qui n'a pour l'heure communiqué ni mobile ni interpellation.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.