Soudan : 8 des 30 usines pharmaceutiques de Khartoum ont rouvert, les malades chroniques arbitrent entre manger et se soigner

Au Soudan, la guerre qui oppose depuis avril 2023 l'armée aux Forces de soutien rapide (RSF) a transformé un traitement quotidien en charge impossible pour des centaines de milliers de malades chroniques. Dans une enquête publiée le 18 octobre 2026, Al Jazeera documente les arbitrages auxquels sont contraintes des familles qui doivent choisir entre acheter des médicaments et acheter à manger.
Une industrie du médicament en ruine
Le plus lu du momentCEDEAO-AES : premier face-à-face ministériel à Dakar, des groupes de travail pour un accord-cadre →Le Fonds national des fournitures médicales chiffre à 500 millions de dollars les pertes subies par les stocks de médicaments, les infrastructures et les flottes de transport. Sur les trente usines pharmaceutiques de Khartoum fermées pendant les combats, huit seulement ont repris leur activité, selon le Conseil national des médicaments et poisons cité par Al Jazeera. Le Programme des Nations unies pour le développement estime que les revenus des Soudanais sont retombés au niveau des années 1990.
À cela s'ajoute l'effondrement de la monnaie. Un pharmacien de Port-Soudan, Hossam al-Naeem, explique au média qatari que le dollar s'échangeait autour de 600 livres soudanaises avant la guerre, contre environ 9 300 livres sur le marché noir aujourd'hui.
Conserver son insuline sans réfrigérateur
Hasanat al-Rashid, 48 ans, vit à Khartoum et est diabétique depuis quinze ans. Un stylo à insuline coûte 70 000 livres, soit environ 8 dollars, et il lui en faudrait un à deux par mois : elle a renoncé et achète un flacon à 17 000 livres, environ 1,80 dollar. Reste à le conserver. N'ayant pas de réfrigérateur, elle doit acheter de la glace, pour quelque 180 000 livres par mois, environ 20 dollars.
Fatima Adam, 75 ans, a été admise à l'hôpital de Port-Soudan pour des complications cardiaques. Elle prend six médicaments contre l'hypertension et un trouble de la thyroïde, pour 160 000 livres par mois, environ 17,80 dollars. Avant la guerre, la Caisse nationale d'assurance maladie prenait en charge l'essentiel de la facture et elle n'en réglait qu'un quart. Sa fille Aisha achète désormais les traitements par petites quantités, au fil des rentrées d'argent.
À el-Obeid, dans le Kordofan du Nord, Huda Mahmoud, 58 ans, suit cinq médicaments pour une maladie cardiaque diagnostiquée il y a plus de douze ans. Sa crainte, confie-t-elle à Al Jazeera, est d'en oublier un ou de se retrouver à court.
Une crise sanitaire derrière la crise militaire
Ces récits disent une réalité que les bilans de combats ne mesurent pas : dans un pays où le système de santé publique a été démantelé, la maladie chronique devient une sentence sociale. Les patients cités vivent à Khartoum, dans l'État de Gezira, à Port-Soudan ou au Kordofan, autant dans les zones reprises que dans les régions épargnées par les lignes de front. La reconstruction de la production pharmaceutique nationale et le rétablissement de l'assurance maladie conditionneront leur survie autant que l'issue des armes.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


