Yuan : Attijariwafa bank rejoint CIPS après Ecobank et Standard Bank, l'Afrique teste le paiement sans dollar

Le groupe marocain Attijariwafa bank a annoncé son adhésion au CIPS, le système chinois de compensation et de règlement des paiements internationaux en renminbi, rapporte l'Agence Ecofin le 20 octobre 2026. L'objectif affiché est de permettre à ses clients entreprises et institutions de régler leurs partenaires chinois en yuan, plus vite et avec moins d'intermédiaires.
Ce qu'est le CIPS
Le plus lu du momentSomalie : 84 frappes américaines en neuf mois, et des familles du Bas-Juba sans réponse →Lancé en 2015, le Cross-Border Interbank Payment System compense et règle les paiements transfrontaliers en monnaie chinoise sans passer systématiquement par le dollar américain. C'est l'un des instruments de la stratégie chinoise d'internationalisation du renminbi. Attijariwafa bank, présente dans 27 pays dont 15 en Afrique, n'a pas précisé si son adhésion lui confère le statut de participant direct ou indirect. Adil Hajji, directeur de l'International Banking du groupe, affirme que cette adhésion renforce sa capacité à « servir les flux commerciaux et d'investissement entre le Maroc et la Chine ».
Une vague africaine, pas un geste isolé
Le mouvement dépasse largement Casablanca. Ecobank, basé à Lomé et présent sur 34 marchés africains, a signé un protocole d'accord avec CIPS le 12 octobre 2026 ; Semafor rappelle que la sud-africaine Standard Bank et la banque panafricaine Afreximbank ont franchi le même pas au cours de l'année écoulée.
Les volumes commencent à exister. Selon l'Agence Ecofin, Standard Bank a traité plus de 8 milliards de yuans, environ 1,2 milliard de dollars, via CIPS en juillet 2026, et a obtenu avec la chinoise ICBC, en juin 2026, une autorisation de compensation en yuan dans 19 pays africains.
Le contexte commercial explique cet appétit : d'après Semafor, les échanges entre la Chine et l'Afrique ont progressé de 18 % l'an dernier, portés notamment par les importations africaines d'équipements solaires chinois, et Pékin a supprimé cette année ses droits de douane sur les produits de tous les pays africains sauf l'Eswatini.
Souveraineté financière ou nouveau guichet ?
Pour une entreprise ivoirienne, kényane ou marocaine, payer directement en yuan peut raccourcir la chaîne bancaire et réduire la dépendance à une devise dont les taux et les sanctions se décident sans l'Afrique. C'est un enjeu de souveraineté concret, à l'heure où le continent commerce massivement avec la Chine tout en facturant en dollars.
Les gains réels restent toutefois à démontrer. Ils dépendront des coûts de conversion des monnaies africaines, de la liquidité disponible en yuan et des tarifs appliqués par les banques, souligne l'Agence Ecofin. Le risque de change ne disparaît pas : il change de devise. Et aucune des banques citées n'a chiffré ce que ses clients économiseront. Diversifier les canaux de paiement est une avancée ; elle ne deviendra une autonomie que si les banques africaines pèsent sur les règles, et pas seulement sur le branchement.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


